Aurore Lalucq (S&D, française) a présenté, mardi 8 avril, son projet de rapport (EUROPE 13601/7) sur la compétitivité européenne et la création d'une Union des marchés des capitaux (UMC) aux membres de la commission des Affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen. Les eurodéputés ont livré leurs observations sur ce texte de base, rédigé de manière concise par la socialiste française, une concision justifiée par des contraintes de format, a-t-elle précisé.
Isabel Benjumea (PPE, espagnole) a indiqué qu’elle déposerait des amendements reflétant les priorités des chrétiens-démocrates, à savoir : - la simplification administrative ; - la mobilisation de l’investissement privé, y compris en provenance de pays tiers de l'UE ; - la promotion d'une fiscalité attractive, d'une éducation financière des citoyens et de marchés transparents ; - l'exclusion d’un appel à une augmentation de la dette commune ; - le renforcement de l’Union bancaire.
Soulignant la nécessité de réindustrialiser l'Europe, la Hongroise Enikő Győri (Pfe) a averti que son groupe ne soutiendrait pas un texte prônant une intégration communautaire accrue à cet effet. L’eurodéputée a pointé l’échec du parachèvement de l’UMC ces dernières années, qu’elle a imputé à la lourdeur administrative du niveau supranational. « L’orientation de l’épargne vers l’investissement doit être strictement dictée par le marché et ne doit pas être entravée par des considérations politiques ou idéologiques », a-t-elle déclaré.
Giovanni Crosetto (CRE, italien) a salué les propositions de simplification lancées par la Commission européenne, plaidant pour un cadre réglementaire européen souple, favorable aux entreprises et à l’innovation dans l'UE.
À la gauche de l'hémicycle, Rasmus Andresen (Verts/ALE, allemand) a souligné la nécessité d’allier investissements publics et privés pour atteindre les objectifs environnementaux et stimuler l’innovation. Il a toutefois insisté sur l’importance de protéger les consommateurs et de préserver la stabilité financière, en plaidant notamment pour une supervision renforcée au niveau de l’UE.
Jussi Saramo (La Gauche) a salué le projet de texte. L'élu finlandais a mis en avant la nécessité de protéger les investisseurs de détail et de mobiliser des investissements publics communs, notamment face au choc commercial actuel. Par ailleurs, l’eurodéputé s’est opposé à toute relance de la titrisation.
À l'issue des échanges, Mme Lalucq a souligné « l'esprit constructif » de la commission parlementaire qu'elle préside.
La date limite pour le dépôt des amendements a été fixée au 30 avril à midi. Un texte final devrait être mis au voix en commission ECON les 23 ou 24 juin. (Bernard Denuit)