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Bulletin Quotidien Europe N° 13617
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Peter Liese estime irréaliste un objectif 2040 pour l'UE sans flexibilités pour l’industrie

Le porte-parole du grouoe PPE au Parlement européen pour la politique environnementale et climatique, l'Allemand Peter Liese, a dclaré, mardi 8 avril, lors d’une conférence de presse, qu’un objectif de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040 ne pouvait être considéré sans flexibilités pour l’industrie.

M. Liese a indiqué que les discussions étaient encore en cours au sein du groupe chrétien-démocrate en vue de finaliser une position sur l’objectif 2040. Mais il ne serait « pas surpris » que sa présentation « soit la position finale du PPE ».

L’évaluation d’impact de la Commission européenne sur l’objectif 2040 publié en février 2024 (EUROPE 13344/1) calcule que l’UE pourrait réduire ses émissions de 88% uniquement en se basant sur la mise en œuvre de la législation existante.

Toutefois, M. Liese critique le fait que cette évaluation repose sur la fin des allocations du système d’échange de quotas d’émission (ETS) d’ici 2039, ce qui signifierait que les secteurs couverts par l’ETS1 n’émettraient plus du tout d’émissions à compter de 2039.

« Je n'ai rencontré personne qui ait dit que ceci était réaliste », a-t-il commenté, citant en particulier la difficulté que cela représente pour le secteur de l’aviation.

Il a toutefois reconnu le devoir de l’UE de présenter rapidement sa nouvelle contribution déterminée au niveau national (CDN) fixant un objectif de réduction des émissions d’ici 2035, puisque le monde « attendait l’Europe », en particulier la Chine et l’Inde.

L’UE n’a effectivement pas encore publié sa contribution, dans l’attente de l’inscription de l’objectif 2040 dans la Loi sur le climat, à partir duquel découlera l’objectif 2035 (EUROPE 13609/1).

M. Liese a néanmoins estimé qu’un objectif trop ambitieux pour 2040 sans mesures de flexibilité pourrait « entraver les investissements dans des solutions respectueuses du climat » pour les entreprises assujetties à l’ETS, puisque celles-ci n'auraient pas de solutions pour les potentielles émissions qu’il leur resterait à réduire après 2039.

Par ailleurs, l'eurodéputé considère que la prise en compte de crédits internationaux pour atteindre les objectifs climatiques, tels qu’encadrés par l’Article 6 de l’Accord de Paris sur le climat (EUROPE 13430/4), pose notamment le risque pour certains pays de ne pas présenter d’objectifs suffisamment ambitieux.

« Ils ne peuvent être qu'une solution temporaire car, en fin de compte, tous les pays du monde doivent être neutres sur le plan climatique », a-t-il soutenu.

Parmi les mesures de flexibilité, il a insisté une nouvelle fois sur l’inclusion des émissions négatives au sein du système ETS, mais aussi sur une mise en œuvre complète du 'Plan industrie propre’ de la Commission européenne et sur la nécessité de faire preuve de davantage de pragmatisme concernant le développement de l’hydrogène (EUROPE 13599/22).

Selon lui, l’UE doit faire bien plus que ce qu’ont déjà présenté le Japon et les États-Unis (sous Joe Biden), qui proposent, respectivement, une réduction de 60% des émissions en 2035 comparé aux niveau de 2013, et de 61 à 66% en dessous des niveaux de 2005, mais il ne sera pas possible de se montrer aussi ambitieux que le Royaume-Uni (81% en-dessous des niveaux de 1990).

Enfin, il insiste sur un soutien « plus fort et ciblé » aux citoyens et aux agriculteurs pour les mesures d'élimination et de réduction du carbone. (Pauline Denys)

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