Lors de la deuxième journée de la réunion informelle des ministres de la Culture de l’UE, qui s'est tenue mardi 8 avril à Varsovie, les discussions ont porté sur l’insertion des jeunes artistes et professionnels du secteur culturel et créatif dans le monde du travail.
Les ministres ont fait part des mécanismes existants dans leurs pays, notamment en matière de bourses, de subventions de démarrage, de mesures fiscales ou encore d’accès à la protection sociale.
Selon un communiqué publié par la Présidence polonaise du Conseil de l'UE, ces échanges permettront d’élaborer un catalogue de bonnes pratiques. Elle précise que « les programmes d’éducation artistique n’abordent pas suffisamment les sujets liés à l’économie, à la contractualisation, au règlement des impôts, etc. » et qu’il est « clairement nécessaire de mettre en œuvre des mesures qui faciliteront l’entrée des jeunes artistes sur le marché du travail ».
Le commissaire à l'équité intergénérationnelle, à la jeunesse, à la culture et aux sports, Glenn Micallef, a salué la richesse des échanges.
Il a rappelé le rôle du programme-cadre de l'UE Europe créative, qui finance notamment Culture Moves Europe, dont l'objectif est de soutenir la mobilité des jeunes artistes.
Il a également annoncé l’organisation, avant l’été, d’une table-ronde de haut niveau sur les conditions de travail dans les secteurs culturels.
« Il est très important que notre travail soit centré sur les personnes dans ces secteurs. Elles sont la base de notre secteur culturel et créatif et nous devons nous assurer qu’elles bénéficient de conditions de travail décentes et satisfaisantes », a-t-il affirmé. Et d'ajouter que « la culture doit payer un loyer ».
Selon une note de travail consultée par Agence Europe, les jeunes artistes et professionnels culturels rencontrent une diversité de problématiques qui font obstacle à leur insertion sur le marché de l'emploi. Ainsi, la précarité des revenus, les contrats irréguliers, des statuts mal définis, le faux travail d'indépendant et l'absence de formation à la gestion administrative de leur activité sont autant de facteurs limitants.
En 2023, ils étaient donc plus de 1,4 million à travailler dans les secteurs culturels et créatifs, soit 18,1% de l’ensemble des emplois culturels au sein de l'Union européenne.
Pris en compte dans la résolution adoptée en décembre 2022 (https://aeur.eu/f/gcb ) pour un plan de travail pour la culture 2023-2026, ces réflexions tendent à renforcer la résilience des secteurs culturels, bien que la note de travail relève que les jeunes artistes y sont encore trop peu spécifiquement pris en compte.
À l'issue des deux journées de réunion, la ministre polonaise de la Culture et du Patrimoine national, Hanna Wróblewska, a rappelé l’engagement de l'Union européenne et des États membres en ce sens. « Ce fut un Conseil informel, mais nous nous rencontrons bien plus souvent. (…) C’est un travail constant », a-t-elle déclaré. Elle a affirmé en outre son souhait de parvenir à l'adoption des conclusions sur les jeunes artistes lors du prochain Conseil formel, à la mi-mai. (Nithya Paquiry)