En plus d'être rejetée à 58 voix contre, 19 pour et 3 abstentions en commission de l'environnement du PE, l'objection de Mathilde Androuët (PfE, française) à l'acte d'exécution des plans nationaux du règlement sur la restauration de la nature a été balayée par les autres groupes politiques, mardi 8 avril.
L'eurodéputée française a déploré « la rigidité » des actes d'exécution. Selon elle, le règlement sur la restauration de la nature (EUROPE 13433/2) « ne respecte pas les principes fondamentaux du droit européen », parce qu'il va à l'encontre « des articles 39 et 191 qui imposent de concilier les objectifs environnementaux avec la préservation de la compétitivité économique et la sécurité alimentaire ».
Ses arguments ont été jugés « pas tout à fait justes », « pour le moins audacieux » ou relevant d'une « manœuvre populiste » par Christine Schneider (PPE, allemande), Emma Fourreau (La Gauche, française) et Lena Schilling (Verts/ALE, autrichienne).
Christine Schneider a rappelé que le renforcement de la sécurité figure déjà à l'article 1er du règlement et que des mesures incitatives ont été incluses quant à l'irrigation des tourbières. Plus que de travailler sur le dossier, les Patriotes pour l'Europe voudraient surtout « braquer les projecteurs sur eux », a critiqué l'eurodéputée allemande après avoir estimé qu'ils ont réagi « deux ans et demi trop tard ».
Par ailleurs, Jutta Paulus (Verts/ALE) a précisé que le formulaire d'exécution des plans nationaux décrié par Mathilde Androuët a été « élaboré avec les États membres ». « Et bien sûr qu'il y a une souplesse suffisante, sinon les États membres n'auraient jamais accepté » l'acte d'exécution, a déclaré l'eurodéputée écologiste.
Invité au Parlement, le directeur général à la biodiversité de la Commission européenne, Humberto Delgado Rosa, a précisé que le règlement d'exécution avait été adopté « pratiquement à l'unanimité », avec une seule abstention. Le règlement se fonde sur le principe de subsidiarité et « autorise une flexibilité complète aux autorités nationales qui doivent recenser les mesures à mettre en œuvre ». (Florent Servia)