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Bulletin Quotidien Europe N° 13617
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'euro numérique permettra de renforcer l'autonomie stratégique de la zone euro, assure Piero Cipollone

Piero Cipollone, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a décliné, mardi 8 avril, de nombreux arguments en faveur de la mise en place de l'euro numérique, le principal d'entre eux étant « le renforcement de l'autonomie stratégique » de la zone euro sur un marché européen des paiements de plus en plus dématérialisé et marqué par le rôle croissant des prestataires non européens.

« Le fait de dépendre excessivement de fournisseurs étrangers sape notre résilience et compromet notre souveraineté monétaire. (...) Ne pas agir nous exposerait non seulement à des risques importants, mais nous priverait également d'une grande opportunité », a estimé M. Cipollone lors d'un dialogue avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

Le banquier central a notamment évoqué l'annonce de l'administration 'Trump' visant à constituer une réserve de cryptomonnaies stables ('stable coins'). Cette décision pourrait pousser les acteurs privés à développer des solutions de paiement de masse basées sur ces cryptomonnaies stables (EUROPE 13600/14).

D'après lui, les initiatives américaines pourraient entraîner « de nouvelles pertes de commissions et de données » pour les acteurs européens ainsi que « le déplacement des dépôts en euros vers les États-Unis et un nouveau renforcement du rôle du dollar dans les paiements transfrontaliers ». En réponse à une question de Giovanni Crosetto (CRE, italien), M. Cipollone a même évoqué le risque d'une « substitution monétaire ». Il a aussi fait remarquer à Damian Boeselager (Verts/ALE, allemand) que le règlement 'MiCA' encadrant les cryptomonnaies dans l'UE ne permettrait pas de faire face à cet enjeu géostratégique.

La BCE préconise donc la mise en place d'un euro numérique qui agira en tant qu'infrastructure pour les paiements au sein de la zone euro. M. Cipollone a d'ailleurs comparé l'euro numérique à un réseau de voies ferrées sur lequel se déploieraient des solutions privées de paiement. Car, pour être accepté, il faut notamment que l'euro numérique soit en mesure de stimuler l'innovation, a-t-il estimé. Parmi les solutions innovantes figurerait la possibilité de mettre en place des paiements conditionnels ('conditional payments') qui ne seraient effectués qu'en cas de prestation d'un service donné.

 Plusieurs fois interrogé sur les craintes du secteur privé, le banquier central a rappelé que des limites maximales seront imposées en termes de détention d'euros numériques et que les comptes dédiés ne seront pas rémunérés afin d'éviter les risques de fuite de l'épargne bancaire. Il a rappelé que l'euro numérique n'avait aucunement pour objectif d'acter la fin des paiements en liquide.

Voir le discours introductif de M. Cipollone : https://aeur.eu/f/gc6  (Mathieu Bion)

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