Le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat (EUROPE 13562/13), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la suspension de l'aide américaine au développement et humanitaire ont été discutés, mercredi 12 février, au Parlement européen.
La commissaire européenne à la Préparation et la Gestion des crises, Hadja Lahbib, a exprimé devant les eurodéputés sa préoccupation face à ces décisions. Elle a appelé en ce sens à la coopération internationale pour lutter contre les problématiques mondiales. « L'Accord de Paris reste le meilleur cadre existant pour mener des actions dans la coopération contre le changement climatique », a-t-elle déclaré.
Hadja Lahbib a estimé que l’approche du président américain, Donald Trump, « ne servira pas les intérêts à long terme des États-Unis et risque d'aggraver la crise humanitaire et d'augmenter le taux de pauvreté, tout en renforçant l'instabilité » ; elle a assuré que l’UE « ne [renoncerait] pas à ses engagements humanitaires et en matière de développement ».
Elle a aussi exprimé des inquiétudes concernant le retrait américain de l’OMS, en évoquant le besoin d’une action collective face aux pandémies.
Michał Szczerba (PPE, polonais) a indiqué qu'un dialogue fondé sur la compréhension mutuelle est nécessaire pour avancer et a également exprimé l'espoir de convaincre les États-Unis de revenir à des projets communs dans le cadre de la conférence de Munich sur la sécurité.
L’eurodéputé néerlandais Mohammed Chahim (S&D) a dénoncé le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, déclarant que cela permettait à la Chine de prendre l’avantage dans le domaine des technologies durables. « Les États-Unis sont en mesure d’être pionniers dans l’économie verte, mais Trump fera en sorte que l’Amérique ne soit pas au rendez-vous », a-t-il déclaré.
Enfin, Michael Bloss (Verts/ALE, allemand) a mis en garde contre les incohérences dans la mise en œuvre des objectifs climatiques de l’Union européenne, soulignant que l'UE devait respecter ses engagements et que « les pollueurs doivent être les payeurs ».
Aide au développement. « La décision de suspendre l’USAID s’inscrit dans la lignée du vandalisme des politiques publiques qui a marqué le début de l’administration 'Trump' et qui est applaudi par les autocrates du monde entier », s’est insurgé notamment le président de la commission du Développement du PE, Barry Andrews (Renew Europe, irlandais), au sujet de la suspension de l’aide extérieure américaine (EUROPE 13562/21).
« Ce sont les femmes afghanes, les soldats ukrainiens, les populations affamées en RDC, au Soudan et au Yémen qui en subiront les conséquences. Mais avant de donner des leçons, n’oublions pas que la politique de développement de l’UE prend une direction similaire, bien que sans l’approche de la terre brûlée », a-t-il déclaré, appelant la Commission européenne à réaffirmer la solidarité de l’UE envers les pays en développement partenaires.
« Pour l’instant, le silence est assourdissant », a dénoncé M. Andrews.
À droite de l’hémicycle, Michał Szczerba (PPE, polonais) a souligné l’importance de l’UE en tant que partenaire commercial et d’investissement à travers le monde, tandis qu’à gauche, le médecin italien Ignazio Marino (Verts/ALE) a appelé l’UE à « renforcer son rôle dans la promotion de la coopération internationale ». (Bernard Denuit et Nithya Paquiry)