Au lendemain de l’investiture du président américain, Donald Trump, lundi 20 janvier, et de son annonce du retrait officiel des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, les réactions européennes n’ont pas tardé à pleuvoir.
Sur le réseau social LinkedIn, le commissaire européen au Climat, à la Neutralité carbone et à la Croissance propre, Wopke Hoekstra, a regretté, mardi 21 janvier, « un développement réellement malheureux » de la part de « la plus grande économie du monde et l'un de nos plus proches alliés dans la lutte contre le changement climatique ».
Il s’est néanmoins engagé à poursuivre le travail avec les États-Unis et les partenaires internationaux pour s'attaquer à « la question urgente du changement climatique » et a rappelé que l’Accord de Paris a « des fondations solides et est là pour durer ».
Dans son discours prononcé dans le cadre du Forum économique mondial de Davos (voir autre nouvelle), la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a même qualifié l’Accord de « meilleur espoir » pour « l’humanité toute entière ».
Sans nommer le retrait des États-Unis, elle a affirmé que « l’Europe gardera le cap et continuera de coopérer avec toutes les nations qui ont la volonté de protéger la nature et d’arrêter le réchauffement planétaire ».
L'Accord de Paris sur le changement climatique a été ratifié par 195 parties en 2015, inscrivant la volonté de poursuivre l'action menée pour limiter l'augmentation de la température à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. Il s'agit de la deuxième fois que M. Trump retire son pays de cet accord, puisqu'il l'avait déjà fait lors de son premier mandat.
Du côté du Parlement européen, plusieurs députés avaient pressenti et communiqué en amont, lundi 20 janvier, sur le retrait imminent du nouveau gouvernement américain de l'Accord de Paris. C’est notamment le cas des Verts européens, mais également du porte-parole du PPE pour la politique environnementale, l’Allemand Peter Liese (EUROPE 13561/10), qui a appelé à « ne pas baisser les bras » pour mener à bien la politique internationale en faveur du climat.
Le coordinateur Renew Europe au sein de la commission parlementaire de l’Environnement, Pascal Canfin (français), a affirmé lui aussi que les Européens avaient la responsabilité de « tenir bon » face à ce qu'il qualifie d'« offensive » de la part de l'administration Trump.
« Au-delà de l’urgence climatique évidente, il est dans notre intérêt stratégique de continuer à mettre en œuvre le 'Pacte vert', de construire le 'Pacte industrie propre' et de produire davantage d’énergie décarbonée en Europe », a-t-il ajouté.
Lors d'une conférence de presse à Strasbourg, la présidente du groupe S&D, Iratxe García Pérez, quant à elle, a appelé à saisir « l’occasion » du changement de cap politique aux États-Unis pour « réaffirmer nos valeurs et que l’UE prenne un rôle de leader ». (Pauline Denys)