La Commission européenne a fait une déclaration appelant une intensification de l'action climatique pour lutter contre le réchauffement planétaire, lundi 20 janvier, en session plénière à Strasbourg. Cette intervention fait suite à une année 2024 où de multiples records ont été mesurés (EUROPE 13555/1).
Le commissaire européen Glenn Micallef a mis en garde contre les conséquences désastreuses du changement climatique et rappelé les efforts déployés par l’UE, dont la préparation d’un nouvel objectif intermédiaire ambitieux : la réduction de 90% des émissions d’ici 2040, conformément aux engagements de l’Union européenne dans le cadre de la loi sur le climat.
Concernant les nouvelles contributions déterminées au niveau national (NDC), il a rappelé que les présenter avant la COP30 qui se tiendra à Belém permettrait d'encourager les partenaires mondiaux à intensifier leurs efforts.
Dans ce cadre, la Commission intensifie sa diplomatie climatique en soutenant le développement de systèmes solides de tarification du carbone et d’échange de quotas d’émission auprès de ses partenaires internationaux. Cependant, le commissaire Micallef a rappelé que l’UE, qui ne représente actuellement que 6% des émissions mondiales, ne peut résoudre seule la crise climatique. Une coopération internationale renforcée, notamment avec les grands émetteurs du G20, est essentielle.
Glenn Micallef a évoqué l’effort de financement de l’UE, avec plus de 30 milliards de dollars alloués en 2023 au soutien des pays en développement les plus vulnérables.
Enfin, le commissaire s'est exprimé sur la préparation d’un plan ambitieux d’adaptation au changement climatique, conçu en collaboration avec le Parlement européen, les États membres et toutes les parties prenantes.
La Commission intensifie ainsi son appel à agir face à la crise climatique, à l'heure où l'investiture du président américain, Donald Trump, rend effective la sortie des États-Unis de l'Accord de Paris (voir autre nouvelle).
Un désengagement qui pèse sur la dynamique internationale et pousse l'UE à consolider tant son rôle de chef de file que ses ambitions, ainsi que l'ont rappelé plusieurs eurodéputés, à l'instar d'Heléne Fritzon (S&D, suédoise), Lídia Pereira (PPE, portugaise) ou encore Pascal Canfin (Renew Europe, français).
« Nous devons nous préparer aux conséquences de ce réchauffement et proposer rapidement une législation ambitieuse pour l’adaptation climatique. Nous devons également afficher un leadership fort lors du prochain sommet climatique au Brésil », a affirmé Sara Matthieu (Verts/ALE, belge), rappelant l’importance de l’adaptation et de la préparation au sein de l’UE.
Mohammed Chahim (S&D, néerlandais), pour sa part, a dénoncé l’inaction et a appelé à un engagement financier comparable à celui de la Guerre froide : « Avec seulement 2 à 3% de notre PIB, nous pourrions lutter contre la crise climatique. Le meilleur moment pour agir était hier. Le deuxième meilleur moment, c’est aujourd’hui ».
De même, Heléne Fritzon (S&D, suédoise) a averti : « Nous devons faire plus, notamment en augmentant nos objectifs climatiques pour 2040 à 95% ».
Toutefois, si une majorité d'élus allaient dans le sens de cet élan pour une action renforcée, plusieurs eurodéputés issus de l’extrême droite ont fait part de leur position plus hostile. Silvia Sardone (PfE, italienne) a qualifié les politiques européennes de « terrorisme climatique » et a accusé le 'Pacte vert' de nuire à l’économie. (Nithya Paquiry)