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Bulletin Quotidien Europe N° 13578
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SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE / Otan

Les États-Unis ne toléreront plus une relation déséquilibrée en termes de défense, prévient Pete Hegseth

Le nouveau Secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a prévenu ses alliés européens, mercredi 12 février, qu’ils devaient prendre en charge la sécurité de leur continent.

Si les États-Unis restent attachés à l’Alliance de l’OTAN et au partenariat de défense avec l’Europe, ils « ne toléreront plus une relation déséquilibrée qui encourage la dépendance », a-t-il expliqué en ouverture de la réunion du groupe de contact sur la défense de l’Ukraine, à Bruxelles. « Au contraire, notre relation donnera la priorité à l’autonomisation de l’Europe pour qu’elle assume la responsabilité de sa propre sécurité », a-t-il expliqué.

M. Hegseth a appelé les Européens à dépenser plus pour leur défense, mettant en avant, tout comme son président, un objectif de dépenser 5% du PIB en défense. Il a appelé les Alliés à respecter les engagements pris. « Nous mettons vos pays et vos citoyens au défi de redoubler d'efforts et de vous réengager non seulement à répondre aux besoins immédiats de sécurité de l'Ukraine, mais aussi aux objectifs à long terme de défense et de dissuasion de l'Europe », a-t-il lancé à ses alliés. Il a prévenu que pour que l’Alliance transatlantique perdure, il fallait que les Alliés européens « entrent dans l'arène et prennent en charge la sécurité conventionnelle sur le continent ».

Selon M. Hegseth, « les dures réalités stratégiques » empêchent les États-Unis de se concentrer principalement sur la sécurité de l’Europe, car les Américains sont confrontés « à des menaces conséquentes » pour leur patrie et doivent se concentrer sur la sécurité de leurs propres frontières. « Les États-Unis donnent la priorité à la dissuasion d’une guerre avec la Chine dans le Pacifique », a-t-il ajouté, proposant d'établir « une division du travail qui maximise nos avantages comparatifs en Europe et dans le Pacifique, respectivement ».

Augmentation des dépenses de défense

« Nous sommes conscients de nos responsabilités et nous devons assumer davantage de tâches lourdes et partager davantage de fardeaux. L’Europe intensifie ses efforts en augmentant ses dépenses de défense et son soutien à l’Ukraine », avait reconnu quelques minutes plus tôt son homologue britannique, John Healey, qui présidait la réunion du groupe de contact.

Une conscientisation qui se retrouve dans les chiffres. Ainsi, les Alliés non américains ont fortement augmenté leurs dépenses de défense ces dernières années. En amont de la réunion ministérielle des ministres de la Défense ce jeudi, le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a rappelé qu'Européens et Canadiens avaient « ajouté plus de 700 milliards de dollars américains supplémentaires à la défense » depuis 2014.

« En 2024, les Alliés de l'OTAN en Europe et au Canada ont investi 485 milliards de dollars américains dans la défense, soit une augmentation de près de 20% par rapport à 2023. Avec deux tiers des Alliés consacrant au moins 2% de leur PIB à la défense », a ajouté M. Rutte, appelant les Alliés qui n’ont pas encore atteint les 2% à y parvenir « d’ici l’été ». 

L’objectif de dépenser 2% du PIB en défense devrait être revu à la hausse lors du sommet de La Haye, en juin. Selon Mark Rutte, il faudra qu’il soit d’au moins 3% et lié à un calendrier « crédible, afin de ne pas répéter ce que nous avons fait en 2014, où nous nous sommes engagés à 2% et rien ne s'est produit pendant les 2 premières années ».

Lors de leurs discussions, ce jeudi, les ministres se pencheront aussi sur les prochains objectifs ambitieux en matière de capacités de défense pour les Alliés, « qui seront essentiels pour garantir que nous disposons des personnes et des équipements adéquats pour dissuader et défendre », selon M. Rutte. Le nouvel objectif de dépense de défense sera aussi lié aux fonds nécessaires pour combler les lacunes entre ce que les Alliés ont et ce qu’ils devraient avoir pour assurer leur sécurité à moyen terme.

La manière de renforcer la capacité industrielle de défense transatlantique, notamment par le biais d’un plan d’action actualisé pour la production de défense, sera aussi débattue. Selon M. Rutte, s’il y a eu, ces dernières années, une « augmentation substantielle » de la production de défense dans l’ensemble de l’Alliance, « il faut aller plus loin et plus vite ».

Les ministres pourraient en outre s’accorder sur une nouvelle stratégie spatiale commerciale et sur le renforcement de la défense aérienne et antimissile intégrée de l’OTAN.

Enfin, ils discuteront de la campagne actuelle de déstabilisation menée par la Russie contre les Alliés. Interrogé sur une possible attaque militaire russe d’ici quelques années, M. Rutte a prévenu que si « Poutine attaquait l'OTAN, la réaction serait dévastatrice. Il perdrait. Alors, qu’il n’essaie pas ! » (Camille-Cerise Gessant)

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