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Bulletin Quotidien Europe N° 13578
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

L’Europe doit fournir la part « écrasante » de la future aide à l’Ukraine, selon Pete Hegseth

Le nouveau Secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a estimé, mercredi 12 février, que l’Europe devrait fournir la part « écrasante » de la future aide à l’Ukraine.

« La sauvegarde de la sécurité européenne doit être un impératif pour les membres européens de l’OTAN (voir autre nouvelle). Dans ce cadre, l’Europe doit fournir la part écrasante de l’aide future létale et non létale à l’Ukraine », a-t-il souligné en ouverture de la réunion du groupe de contact sur la défense de l’Ukraine, à Bruxelles.

Plus tôt dans la journée, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avait annoncé que les Alliés avaient dépassé leurs engagements de fournir 40 milliards d’euros en 2024 pour la sécurité de l’Ukraine, en fournissant « plus de 50 milliards d’euros », « dont plus de la moitié provient des Alliés européens et du Canada ». Le soutien des Européens représenterait 58% du soutien des Alliés, selon le secrétaire d’État britannique à la Défense, John Healey.

Si, selon M. Healey, qui présidait la réunion du groupe de contact, les nations membres du groupe se sont engagées à augmenter le soutien à l’Ukraine, celui-ci pourrait devenir contractuel pour les États-Unis. Ainsi, en parallèle de la réunion, lors d’une visite à Kiev, le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé que son pays aimerait « conclure un accord de coopération économique. Et en échange de cet accord, les États-Unis continueront à fournir un soutien matériel à l'Ukraine, à la population ».

Pete Hegseth a appelé à mettre fin à la guerre « par la diplomatie et en amenant la Russie et l’Ukraine à la table des négociations ». « Le bain de sang doit cesser et cette guerre doit prendre fin », a-t-il souligné. Et d'ajouter : « Nous ne mettrons fin à cette guerre dévastatrice et n’établirons une paix durable qu’en associant la force des Alliés à une évaluation réaliste du champ de bataille ».

« 2025 sera une année cruciale pour la guerre en Ukraine », a souligné John Healey, appelant, tout comme le Secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, à fournir aux Ukrainiens ce dont ils ont besoin pour se battre et forcer Vladimir Poutine à s’asseoir à la table des négociations.

Appel entre Trump et Poutine. Mais cela pourrait se produire avant. En fin de journée, à l’issue d’un appel avec Vladimir Poutine, le président américain, Donald Trump, a annoncé que les deux présidents étaient « convenus de travailler ensemble, en très étroite collaboration, y compris en visitant les nations l'un de l'autre », et que leurs « équipes respectives (entameraient) immédiatement des négociations ». M. Trump s’est également entretenu avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. « Avec les États-Unis, nous définissons les prochaines étapes à suivre pour mettre un terme à l’agression russe et garantir une paix durable et fiable. Comme l’a déclaré le président Trump, faisons en sorte que cela se fasse », a exhorté ce dernier sur X à l'issue de l'entretien.

Avant même le début des négociations, les Américains ont prévenu que les frontières ne redeviendraient pas celles d’avant 2014. Si les États-Unis veulent « une Ukraine souveraine et prospère », il faut « commencer par reconnaître que le retour de l’Ukraine aux frontières d’avant 2014 est un objectif irréaliste », a précisé Pete Hegseth. Selon lui, « poursuivre cet objectif illusoire ne fera que prolonger la guerre et causer davantage de souffrances ». Cela pourrait signifier que la Crimée et une partie du Donbass ne reviendraient pas sous contrôle ukrainien.

Pas de maintien de la paix par l’OTAN. Le Secrétaire américain à la Défense a aussi expliqué qu’une paix durable devait inclure de solides garanties de sécurité afin que la guerre ne recommence pas. « Cela ne doit pas être Minsk 3.0 », a-t-il ajouté. Plus tôt dans la journée, M. Rutte avait aussi expliqué qu’il faudrait s’assurer collectivement que le résultat de négociations soit durable « afin d’éviter une répétition de ce que nous avons eu avec l’accord de Minsk en 2014 ».

Les accords de Minsk, de 2014, puis de 2015, avaient pour objectif de mettre fin au conflit dans le Donbass.

Pete Hegseth a expliqué que les États-Unis ne croyaient pas que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN serait un résultat « réaliste » d’un règlement négocié. Son homologue britannique, pour sa part, a estimé que la « place légitime » de l’Ukraine était dans l’OTAN, mais que le processus prendrait un certain temps.

Selon Pete Hegseth, « toute garantie de sécurité doit être appuyée par des troupes européennes et non européennes compétentes ». « Si ces troupes sont déployées en tant que forces de maintien de la paix en Ukraine à un moment ou à un autre, elles doivent l’être dans le cadre d’une mission hors OTAN et ne doivent pas être couvertes par l’article 5 », a-t-il prévenu.

De plus, s’il doit y avoir une surveillance internationale « rigoureuse » de la ligne de contact, « dans le cadre de toute garantie de sécurité, aucune troupe américaine ne sera déployée en Ukraine », a averti M. Hegseth.

Le soutien à l’Ukraine sera de nouveau discuté ce jeudi, lors d’un Conseil OTAN-Ukraine, en présence du ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov, et de la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas. (Camille-Cerise Gessant)

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