login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13546
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Les États membres de l'UE partagés sur la façon d'assurer des prix abordables de l'énergie

Les ministres européens de l’Énergie ont exprimé, lundi 16 décembre, lors du Conseil ‘Énergie’, leurs souhaits en matière de politique énergétique à venir, y compris le contenu du plan d’action pour des prix abordables de l’énergie, qui devrait être présenté le 26 février prochain dans le cadre du 'Plan pour une énergie propre'.

Face à la volatilité des prix et à la perte de compétitivité sur la scène mondiale, les ministres ont appelé à travailler « dans le sens d’une véritable Union de l’énergie », en restant traditionnellement divisés sur la place à accorder aux renouvelables et au nucléaire dans la législation européenne.

Marché de l’électricité. Pendant leur débat, plusieurs pays, comme l’Espagne ou la Finlande, ont exhorté à mettre en œuvre rapidement la législation existante, telle que la mise en place de la réforme du marché de l’électricité (EUROPE 13454/27).

Selon le nouveau commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, la bonne mise en œuvre de cette réforme peut effectivement réduire les prix. Mentionnant les recommandations du rapport ‘Draghi’, le commissaire a également souligné la volonté de découpler les prix l’électricité à ceux du gaz, « pas au niveau des prix de gros, mais bien au niveau des prix de détail ».

Face à la volatilité des prix dans certaines régions, certains États membres ont demandé des garde-fous spécifiques. L'Italie, par exemple, souhaite que la politique énergétique de l’UE prenne systématiquement en compte l’élimination du différentiel de prix entre États membres. La Belgique, quant à elle, a proposé que l’Union de l’énergie examine la possibilité d’adopter un prix européen unique de l’énergie.

Plusieurs pays ont également rappelé la nécessité pour la Commission européenne de présenter un plan d’action pour l’électrification, d’améliorer la flexibilité, d’investir dans le stockage de l’énergie et de favoriser la réponse à la demande. 

Simplification. Plusieurs pays ont insisté pour que toute révision de la législation à l’avenir n’accroisse pas les charges administratives.

En particulier, la Suède a appelé à arrêter la création de sous-objectifs lors des révisions législatives, qui ne font « qu’accroître la bureaucratie ». La ministre suédoise, Ebba Busch, a ainsi invité à mettre davantage l’accent sur des objectifs contraignants, qui devraient pouvoir être atteints de façon « plus flexible » par les États membres.

Alliance du nucléaire. Pour les pays favorables au nucléaire, la Commission européenne devra absolument donner la priorité au principe de neutralité technologique afin d'assurer la sécurité énergétique de l’UE.

La ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a ainsi mis l’accent sur le déploiement de l’énergie « bas carbone pilotable la plus compétitive possible », qui peut être produite en fonction de la demande, contrairement aux renouvelables.

En amont du Conseil, les pays de l’Alliance du nucléaire (https://aeur.eu/f/ety ) ont fait part de leurs interrogations auprès du commissaire Jørgensen concernant l’ajout dans sa lettre de mission d’un objectif renouvelable pour 2040.

Selon ces pays, ce nouvel objectif devrait prendre en compte l’ensemble des énergies décarbonées, en considérant le volet ‘pilotabilité’.

Sur ce point, Dan Jørgensen a indiqué ne pas vouloir « mélanger les renouvelables et le nucléaire », mais faire en sorte que la mise en place d’un nouvel objectif pour les renouvelables ne « nuise pas à la possibilité d’utiliser d’autres technologies propres ».

Il a également expliqué, face aux ministres, que les nouvelles initiatives de la Commission devraient prendre en compte l’énergie nucléaire. « Je pense qu'elle peut et qu’elle doit aller de pair avec les énergies renouvelables », a-t-il affirmé.

Amis des renouvelables. M. Jørgensen s’est également assis à la table des pays « amis des renouvelables » (EUROPE 13503/14), qui misent, a contrario, sur un cadre législatif post-2030 solide en matière d’énergies renouvelables pour accélérer leur déploiement. Ces pays ont exprimé, en priorité, la nécessité d’accélérer les procédures d’octroi de permis.

Lors d’une conférence de presse, M. Jørgensen a tenu à rappeler que les prix de l’énergie n’étaient pas élevés « à cause des renouvelables », mais justement parce que « nous n’avons pas assez de renouvelables », rappelant que celles-ci formeront la « pierre angulaire » de la politique énergétique de l’UE à l’avenir.

Sortie des énergies fossiles russes. Le commissaire a également rappelé l’engagement de la Commission à présenter lors des premiers 100 jours une feuille de route pour s’émanciper définitivement du gaz russe, mais également du pétrole et de l’uranium.

Interconnexions. Pour garantir des prix durables de l’énergie, une majorité de ministres ont appelé à en faire davantage pour améliorer les interconnexions entre États membres et favoriser l’investissement dans les infrastructures de réseaux.

Sur ce point, la Présidence hongroise a également présenté son état des lieux de l’avancement du plan d’action pour les réseaux, adopté en novembre 2023 (EUROPE 13543/8).

Le commissaire Jørgensen a reconnu, tout comme l'ex-commissaire Kadri Simson, avant lui à ce poste, le sous-financement du 'Mécanisme pour l’interconnexion en Europe' ('Connecting Europe Facility'), qui devrait faire partie des négociations du nouveau cadre financier pluriannuel (CFP). (Pauline Denys)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
Invasion Russe de l'Ukraine
POLITIQUES SECTORIELLES
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
SOCIAL - EMPLOI
INFRACTIONS AU DROIT DE L'UE
BRÈVES