La Commission européenne a signé, lundi 16 décembre, un contrat de concession du programme de connectivité sécurisée de l’UE dénommé Iris² (pour Infrastructure pour la résilience, l’interconnectivité et la sécurité par satellite) avec le consortium SpaceRISE.
« Nous sommes menacés, nos communications par satellite sont menacées. Iris² nous donnera la capacité de nous connecter même dans un environnement hostile, des services concrets à l'UE et aux États membres », que ce soit la connexion d'infrastructures clés, la gestion de crise ou encore la surveillance, a souligné le commissaire à la Défense et l’Espace, Andrius Kubilius, à l’occasion de la signature. « En temps de crise, nous ne pouvons pas nous permettre de faire appel à des pays et des entreprises situés hors de l'UE », a-t-il estimé.
Iris², le troisième programme phare de l’UE après Galileo et Copernicus, sera une constellation multiorbitale de plusieurs centaines de satellites. 264 satellites seront placés en orbite basse et 18 en orbite moyenne. « Le placement de satellites interconnectés sur ces différentes orbites permettra à la constellation de communiquer de manière sûre et rapide et de rester connectée en permanence sans avoir besoin de milliers de satellites », selon l’Agence spatiale européenne, qui suivra les activités de conception, de développement et de vérification de SpaceRISE et contribuera au développement et à la validation de l'infrastructure gouvernementale de connectivité sécurisée de l'UE.
La constellation fournira ainsi des services de connectivité sécurisés pour les États membres et les autorités gouvernementales, mais aussi un accès à haut débit pour les entreprises privées et les citoyens européens. Iris² sera ouvert aux États tiers, sous réserve de la signature d’un accord international. « Le Conseil de l’UE a déjà approuvé les mandats pour la Norvège et l’Islande. Ces deux pays vont participer et on espère qu’il y en aura d’autres à venir », a expliqué une source européenne.
L’appel d’offres pour Iris² avait été lancé en mars 2023. « Nous franchissons une étape pour passer de la réalité juridique à une réalité opérationnelle, ce qui n'est pas seulement une étape majeure pour notre sécurité, mais aussi une nouvelle façon de travailler, un nouveau changement de paradigme, en partenariat avec le secteur privé », a expliqué M. Kubilius.
Le contrat de concession de 12 ans établit ainsi un partenariat public-privé pour permettre des services de connectivité gouvernementaux et commerciaux d’ici 2030. Le budget est de 10,6 milliards d’euros, dont 6 milliards provenant du budget de l’UE, 550 millions de l’Agence spatiale européenne et 4,1 milliards des opérateurs européens SES SA, Eutelsat SA et Hispasat SA, du consortium SpaceRISE.
Après cette signature, la phase de conception de la constellation devrait prendre un an (en 2025), puis la validation aura lieu entre 2026 et 2028. Le premier satellite devrait être lancé mi-2029 et l’objectif est que tous les satellites soient lancés d’ici fin 2030.
Dès 2025, le programme de communications gouvernementales par satellite de l'Union européenne (GOVSATCOM), qui fournira des capacités de communication satellitaire sécurisées, résilientes et rentables, fournira des services initiaux via les satellites de cinq États membres (la France, l'Italie, le Luxembourg, l'Espagne et la Grèce). (Camille-Cerise Gessant)