login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13546
ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

Les Européens prêts à nouer des contacts avec le groupe islamiste HTS, tout en restant prudents

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a annoncé, lundi 16 décembre, avoir demandé au chef de la diplomatie européenne en Syrie, actuellement basé à Beyrouth, de se rendre à Damas pour « nouer des contacts avec le nouveau gouvernement et la population du pays ».

« La Syrie est confrontée à un avenir optimiste, positif, mais plutôt incertain. Nous devons nous assurer que cela va dans la bonne direction », a-t-elle ajouté à l'issue du Conseil des Affaires étrangères, de retour des réunions d’Aqaba, avec les pays voisins, les pays arabes et les États-Unis. Selon Mme Kallas, il ne faut pas commettre l’erreur, peut-être commise par le passé, de laisser un vide. « Nous devons être présents. Si nous sommes ceux qui contribuent à la reconstruction, nous devons être à la table de ceux qui discutent de l’avenir », a-t-elle estimé.

À leur arrivée au Conseil, plusieurs ministres se sont dits en faveur de contacts avec les nouvelles autorités syriennes, tout en se montrant prudents, précisant qu’ils jugeraient le nouveau pouvoir sur ses actions, et non sur ses paroles.

« Il existe un risque (...) de nouveaux troubles en Syrie. Il s'agit donc, dès maintenant, d'entamer un dialogue avec ceux qui détiennent actuellement le pouvoir », a souligné le Danois Lars Løkke Rasmussen, estimant que l’UE devait s’impliquer dès maintenant, via notamment la désignation d’un Envoyé spécial pour l'UE.

« Nous voulons établir dès maintenant comme premier objectif une ligne de dialogue avec les dirigeants syriens. Nous avons nos exigences. Nous voulons un gouvernement inclusif, une transition pacifique, préserver l’intégrité territoriale de la Syrie », a ajouté son homologue autrichien, Alexander Schallenberg.

Réfléchir à de possibles mesures. À l’issue du Conseil, Mme Kallas a précisé avoir interrogé les ministres sur les mesures qui pourraient être prises en faveur de la Syrie, non pas pour une décision immédiate, mais pour commencer le travail afin d’adapter la politique de l’UE si des décisions syriennes vont dans la bonne direction. « Nous devons commencer le travail maintenant. Cela prend du temps. Il faut que le plan soit prêt quand on verra les mesures, pour agir positivement », a-t-elle expliqué.

Selon un projet de conclusions du Conseil européen du 19 décembre obtenu par Agence Europe (https://aeur.eu/f/et9 ), les dirigeants devraient inviter la Commission et la Haute Représentante à élaborer des options pour des mesures visant à soutenir la Syrie dans tous les efforts positifs.

« L’UE dispose d’un certain nombre de leviers - l’aide financière à la reconstruction, la levée éventuelle des sanctions -, mais pour les activer, il faudra qu’un certain nombre de conditions soient remplies : une transition politique qui permette à toutes les minorités de la Syrie d’être représentées, le respect des droits de l’homme, le respect des femmes en Syrie, la lutte contre le terrorisme est l’extrémisme », a précisé le Français Jean-Noël Barrot.

Pour M. Schallenberg, si le groupe HTS avance dans la « bonne direction », les Européens réfléchiront à la levée des sanctions et des mesures économiques mises en place ces dernières années sous le régime el-Assad. « Je pense que ce sera un dialogue sensible, où nous dirions: 'S’il vous plaît, faites cela, et si vous le faites, nous vous offrons cela, mais pas de chèque blanc à l’avance' », a-t-il expliqué, tout en mettant en garde contre le fait de dire maintenant « que si les points a, b, c, d et e ne sont pas respectés, il n’y aura pas de dialogue ».

Son homologue espagnol, José Manuel Albares, a cependant estimé qu’il fallait expliquer les lignes rouges: « Ce sont des contacts très préliminaires. Et surtout, ce sont des contacts pour véhiculer des lignes rouges claires. La nécessité que l'avenir de la Syrie soit pacifique et que ce qui est aujourd'hui un mouvement militaire doit évoluer vers un mouvement politique, qui doit être inclusif, dans le respect scrupuleux des minorités ethniques et religieuses ». Selon lui, la Syrie doit aussi maintenir son intégrité territoriale, afin qu'il n'y ait pas de territoire aux mains de différents groupes armés ni d'ingérence étrangère militaire.

Le Néerlandais Caspar Veldkamp a jugé qu'« il est trop tôt pour lever ces sanctions contre HTS. Nous aimerions vraiment conditionner cela à une transition politique inclusive. 'Inclusive' signifie également inclure les droits des groupes minoritaires ».

Bases russes. Plusieurs ministres ont aussi mentionné la présence des bases militaires russes en Syrie.

« L’extrémisme, la Russie et l’Iran ne devraient pas avoir de place en Syrie », a souligné Mme Kallas devant les médias, rappelant qu'il s'agissait d'un problème sécuritaire pour l'UE.

« Nous voulons que les Russes se retirent », a ajouté M. Veldkamp. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
Invasion Russe de l'Ukraine
POLITIQUES SECTORIELLES
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
SOCIAL - EMPLOI
INFRACTIONS AU DROIT DE L'UE
BRÈVES