Les chefs d'Etat ou de gouvernement des pays de l'Union européenne devraient appeler à « une pause humanitaire immédiate conduisant à un cessez-le-feu durable » à Gaza, selon un projet de conclusions du Conseil européen daté du 11 mars.
Qualifiant la situation de « catastrophe humanitaire » et soulignant le risque de famine dans la bande de Gaza, le Conseil européen devrait appeler à « un accès humanitaire total, rapide, sûr et sans entrave dans et à travers la bande de Gaza » afin de fournir « une assistance vitale et des services de base à grande échelle » aux civils, notamment via le couloir maritime depuis Chypre (EUROPE 13369/3).
Mercredi 13 mars, le ministre chypriote des Affaires étrangères, Konstantínos Kómbos, a annoncé qu'un deuxième navire était en cours de vérification au port de Larnaca. Celui-ci partira si le déchargement du premier navire se passe dans de bonnes conditions.
Le même jour, la Commission européenne a annoncé l'envoi de trois experts de la protection civile de l'UE à Gaza.
De plus, tout en condamnant les attaques du Hamas et reconnaissant le droit d’Israël à se défendre « conformément au droit international et au droit international humanitaire », ls Vingt-sept devraient « demander instamment au gouvernement israélien de s'abstenir de mener une opération terrestre à Rafah, où plus d'un million de Palestiniens cherchent actuellement à se mettre à l'abri des combats et à accéder à l'aide humanitaire ».
Mercredi, l'UNRWA a annoncé qu'au moins un de ses employés avait été tué et 22 autres blessés dans une frappe israélienne contre un centre de distribution alimentaire dans la partie orientale de Rafah.
Le Conseil européen devrait également rappeler que les violations du droit international humanitaire devaient « faire l’objet d’enquêtes approfondies et indépendantes » et garantir la reddition des comptes. Il devrait aussi souligner l'importance de respecter et de mettre en œuvre l'ordonnance du 26 janvier 2024 de la Cour internationale de Justice, « juridiquement contraignante ».
Au-delà de la situation à Gaza, les dirigeants européens pourraient souligner que les services fournis par l'UNRWA dans toute la région sont indispensables et se féliciter du récent soutien financier apporté par l'UE.
La référence à l'agence onusienne dans le projet de conclusions pose problème à certains États membres, a indiqué une source européenne, s'exprimant à l'issue d'une discussion préparatoire des ambassadeurs des États membres auprès de l'UE.
Le Conseil européen devrait appeler à la retenue en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et condamner « fermement » la violence des colons juifs. « Les auteurs doivent être tenus responsables », devraient souligner les dirigeants, appelant à accélérer les travaux en vue de l'adoption des mesures restrictives pertinentes. Ces mesures sont bloquées par la Hongrie.
Les chefs d'État ou de gouvernement devraient exhorter le gouvernement israélien à revenir sur ses décisions d'étendre davantage les colonies illégales en Cisjordanie occupée (EUROPE 13366/16). Et ils rappeleront que l'UE est prête à contribuer à une relance du processus politique menant à la paix au Proche-Orient.
Voir le projet de conclusions: https://aeur.eu/f/baa (Camille-Cerise Gessant et Bernard Denuit)