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Bulletin Quotidien Europe N° 13319
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ACTION EXTÉRIEURE / Chine

Le sommet UE/Chine demeure « un dialogue de sourds » concernant les relations commerciales, selon le think tank Bruegel

Dans une analyse publiée mercredi 20 décembre, Alicia García-Herrero, senior fellow du think tank pro-européen Bruegel, remet en question les discussions et résultats du dernier sommet UE/Chine du 7 décembre à Pékin (EUROPE 13309/21) et les qualifie de « dialogue de sourds » en raison des relations commerciales de plus en plus déséquilibrées entre les deux partenaires stratégiques.

Mme García-Herrero reprend ainsi l’expression du Haut Représentant de l'UE pour la Politique étrangère, Josep Borrell, qui avait déjà qualifié le sommet UE/Chine d’avril 2022 de « dialogue de sourds », eu égard notamment à la position jugée permissive de la Chine à l'égard du conflit en Ukraine.

Les attentes du sommet de décembre dernier étaient élevées en raison du très important déficit commercial bilatéral (400 milliards d’euros) que l'UE a accumulé avec la Chine et de la surcapacité de plus en plus importante de la Chine dans un nombre croissant de secteurs, comme l’acier et les véhicules électriques. L'attitude chinoise en matière de transfert transfrontalier de données pour les entreprises étrangères était également scrutée.

Lors de ce sommet, l'UE a aussi soulevé la question de la guerre en Ukraine, le changement potentiel de statut de la Chine dans le détroit de Taïwan et les violations des droits de l'homme au Xinjiang et au Tibet.

Selon Mme García-Herrero, la réponse de la Chine aux préoccupations de l'UE en matière de politique, de droits de l'homme et d'économie a été superficielle.

« Plutôt que d'accepter (les) recommandations (européennes), le premier ministre, Li Qiang (...), a exprimé l'espoir que la partie européenne serait 'prudente dans l'introduction de politiques économiques et commerciales restrictives et dans l'utilisation de remèdes commerciaux' », explique la chercheuse, faisant ainsi référence à l'enquête antisubventions récemment lancée par l'UE à l'encontre des véhicules électriques produits en Chine (EUROPE 13264/21).

Elle estime néanmoins que la tenue même du sommet bilatéral est un signe positif compte tenu du faible niveau de confiance entre la Chine et l'UE au cours des deux dernières années.

« Toutefois, le dialogue futur ne suffit pas à considérer ce sommet comme un succès, car aucun accord majeur - ou peut-être même mineur - n'a été conclu », juge Mme García-Herrero. Certains risques commerciaux subsistent, et si l’UE adopte des mesures de « de-risking », des représailles sont possibles côté chinois, les mesures les plus probables pouvant consister à interdire les exportations de matières premières essentielles à la production de technologies vertes.

Toutefois, la Chine reste dépendante de l’UE, puisqu'elle est son premier partenaire commercial (avec des exportations d'une valeur de 626 milliards d'euros en 2022), une situation qui explique ainsi les inquiétudes de Pékin quant aux intentions de l'UE de mener des politiques de réduction des risques.

« Les relations ne pourront commencer à s'améliorer que si les deux parties commencent à écouter » l'autre, conclut Mme García-Herrero.

Pour voir l'analyse : https://aeur.eu/f/a88  (Pauline Denys)

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