Le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, et le Président serbe, Aleksandar Vučić, rencontreront, jeudi 26 octobre, en marge du Conseil européen et lors de réunions séparées, plusieurs dirigeants des Vingt-sept, notamment le président français, Emmanuel Macron, le chancelier allemand, Olaf Scholz, et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni.
Les discussions devraient porter principalement sur les tensions entre Belgrade et Pristina, vives depuis plusieurs mois, et qui ont franchi un nouveau palier le 24 septembre dernier, lorsqu’un policier kosovar a été tué par un groupe d’hommes armés serbes (EUROPE 13257/21).
Le gouvernement kosovar estime que Belgrade est impliqué dans l’affaire et Albin Kurti a appelé l’UE et les États-Unis, le 23 octobre, à créer un tribunal spécial chargé de juger les crimes serbes (EUROPE 13278/40). De son côté, la Serbie a nié toute participation à l’attaque terroriste et a qualifié les accusations à l’encontre de son ministre de la Défense, Miloš Vučević, soupçonné par le Kosovo d’avoir joué un rôle dans l’affaire, de « complètement infondées ».
Alors que les dirigeants des Vingt-sept se réunissent les 26 et 27 octobre à Bruxelles, le Conseil européen espère, selon une version datée du 24 octobre du projet de conclusions obtenu par EUROPE, « que les auteurs seront appréhendés et traduits rapidement en justice et que la Serbie coopérera pleinement et prendra toutes les mesures nécessaires à cet égard ».
En outre, les discussions devraient aussi porter sur la normalisation des rapports entre les deux pays et la mise en œuvre des accords d’Ohrid (EUROPE 13131/12). Sur ce volet, le Conseil européen devrait faire part de ses regrets quant à l’absence de progrès et inviter les deux pays à « les mettre en œuvre, sans délai ni condition préalable ». « Cela inclut la création de l'Association/Communauté des municipalités à majorité serbe », indique le document.
Ce dossier avait été érigé en priorité par le Président serbe le 14 septembre dernier, lors de rencontres menées séparément par Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, avec MM. Vučić et Kurti. Ce dernier, pour sa part avait, estimé que les questions politiques, telles que la reconnaissance des documents respectifs et autres symboles nationaux, devraient être réglées en premier (EUROPE 13251/4). Les négociations étaient donc restées, une fois encore, au point mort, du fait des positions éloignées des deux parties.
Bien que le projet de conclusions du Conseil européen précise également que le fait de ne pas parvenir à une désescalade aboutirait à des « conséquences », la question de potentielles sanctions à l'encontre de Belgrade - demandée par une large partie du Parlement européen (EUROPE 13275/20) - ne devrait pas être centrale.
« Je ne pense pas qu’il soit temps pour des sanctions. Nous devons encore parler avec les gouvernements. Il doit y avoir un dialogue, d'autant plus que nous avons des négociations en cours pour l'adhésion des deux pays à l'UE », a commenté une source diplomatique européenne.
Voir le projet de conclusions du Conseil européen daté du 24 octobre: https://aeur.eu/f/99d (Thomas Mangin)