Le Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a condamné, dimanche 24 septembre, l’attaque « terroriste » perpétrée par « une bande armée » contre des agents de la police du Kosovo en patrouille à Banjska, dans le nord du pays, près de la frontière entre le Kosovo et la Serbie. Au cours de cette attaque, un policier kosovar a perdu la vie et deux autres ont été blessés. Une fusillade a ensuite éclaté entre les assaillants, retranchés dans un monastère orthodoxe, et les forces de l’ordre. Trois membres du groupe armé ont été tués.
« Tous les faits relatifs à cette attaque doivent être établis. Les responsables doivent être traduits en justice. (…) Ces attaques doivent cesser immédiatement », a déclaré M. Borrell dans un communiqué. À la suite de l'attaque, le Haut Représentant s'est entretenu au téléphone avec le Premier ministre kosovar et le Président serbe.
Le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, a accusé Belgrade d’être derrière l’attaque meurtrière, tandis que le gouvernement serbe, pour sa part, a rapidement nié les faits, rejetant la faute sur M. Kurti et ses « provocations » à l’encontre des Serbes.
Cet événement vient raviver des tensions déjà extrêmement fortes entre les deux pays (EUROPE 13230/19) et porte un nouveau coup aux tentatives de mise en œuvre de l’accord sur la voie de la normalisation des rapports entre les deux pays.
MM. Kurti et Vučić s’étaient rencontrés à Bruxelles le 14 septembre dernier, dans le cadre du dialogue Serbie/Kosovo. Aucun progrès n’avait été enregistré. Le Premier ministre kosovar avait estimé que l’accent devait être mis sur les aspects politiques de la normalisation, et le Président serbe avait jugé que la priorité restait, avant toute chose, l’établissement de l'Association des municipalités serbes au Kosovo (EUROPE 13251/4). (Thomas Mangin)