Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, est en Chine pour un voyage de quatre jours, jusqu'au 26 septembre, où il s'efforce de maintenir les canaux de communication ouverts entre l'UE et Pékin. Il a participé, lundi 25 septembre, au 10e dialogue économique et commercial de haut niveau UE/Chine avec le vice-premier ministre chinois, He Lifeng. En marge de cet événement, M. Dombrovskis participe à diverses réunions bilatérales, en plus d'intervenir dans deux universités à Pékin et à Shanghaï.
Cette série de rencontres visait à exposer à Pékin les nombreuses inquiétudes des Européens sur l'accès au marché et l'environnement pour les affaires et à expliquer aux interlocuteurs chinois les récentes annonces européennes pour répondre à ces défis.
C'est pourquoi le commissaire Dombrovskis a mentionné, dans toutes ses interventions, la discrimination dont souffrent les entreprises européennes sur le sol chinois. Devant les étudiants de l'université de Tsinghua à Pékin, il a évoqué « le manque de transparence, l'accès inégal aux marchés publics, des normes discriminatoires, des conditions relatives à la sécurité et les obligations de localisation et de transfert de données ».
Face au vice-premier ministre, He Lifeng, M. Dombrovskis a aussi mis en avant l'asymétrie des relations commerciales et économiques UE/Chine. Si les deux interlocuteurs se sont entendus pour établir des groupes de travail ou pour rétablir certains dialogues (sur la coopération macroéconomique ou les services financiers, par exemple), ils se sont contentés d'« espérer » des changements quant aux barrières commerciales existantes. C'est le cas pour l'accès des appareils médicaux européens en Chine ou encore du lait en poudre pour nourrissons en provenance de l'Union.
La Chine veut bien faire un pas vers l'UE, en accélérant notamment les procédures d'accès au marché pour les produits agricoles européens, a indiqué He Lifeng. De manière générale, « la Chine est prête à importer davantage de produits de l'UE », a-t-il soutenu. Toutefois, il espère que « l'UE supprimera les restrictions à l'exportation sur les produits de haute technologie à destination de la Chine ».
Le vice-premier ministre chinois a également exprimé sa « forte inquiétude et insatisfaction » après l'annonce de l'UE sur le lancement d'une enquête anti-subventions sur les véhicules électriques chinois (EUROPE 13249/1).
Plus tôt, devant les étudiants de l'université de Tsinghua, M. Dombrovskis justifiait cette démarche de la Commission et tentait de rassurer sur son futur déroulement : « Je peux vous assurer que nous allons conduire ce travail en toute diligence, en consultation avec les autorités chinoises et les parties prenantes, et nous suivrons des règles bien établies ».
Le commissaire a également utilisé ses différentes prises de parole pour rappeler la position de l'UE face à la guerre en Ukraine et enjoint à la Chine de coopérer davantage pour remettre l'initiative céréalière de la mer Noire sur pied. (Léa Marchal)