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Bulletin Quotidien Europe N° 13257
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Christine Lagarde et les eurodéputés dialoguent autour des politiques budgétaires et des liquidités excédentaires

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a rencontré, lundi 25 septembre, les députés de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen (ECON) pour l'exercice de septembre du dialogue de politique monétaire. Elle a indiqué qu'elle espérait un accord des États membres sur les nouvelles règles européennes de gouvernance économique avant la fin 2023, afin que les travaux budgétaires des États débutent dès 2024, avant les échéances électorales importantes, sur la base de ce nouveau cadre (EUROPE 13060/1).

Dans son avis sur la proposition de la Commission, la BCE avait défini quatre priorités : la réduction de la dette souveraine et de l'hétérogénéité des niveaux d'endettement entre États membres, une croissance plus élevée et une plus grande contracyclicité de la politique budgétaire.

Par ailleurs, la présidente, répondant à Eva-Maria Poptcheva (Renew Europe, espagnole), a indiqué qu’avec la baisse des prix du mix énergétique combiné, bien que des mouvements soient observés sur le prix du pétrole, la BCE estime souhaitable que les États retirent les mesures de soutien mises en place après la crise énergétique, si elles n'étaient pas ciblées, temporaires et adaptées ('tailored').

Christine Lagarde a indiqué à Rasmus Andresen (Verts/ALE, allemand), inquiet de l’impact de la hausse des taux directeurs sur la capacité de financer la transition verte, que ces investissements sont, pour la plupart, de long terme et que, pour s’assurer que les investisseurs investissent dans la transition, il fallait ancrer les attentes sur l’inflation et limiter l’incertitude.

Enfin, la présidente a réitéré devant Othmar Karas (PPE, autrichien) qu’il serait utile d’explorer la piste d’une capacité budgétaire européenne pour faire face à des défis communs.

liquidités excédentaires

La présidente Lagarde a souligné que le montant des liquidités excédentaires en zone euro avait déjà diminué de plus de mille milliards d'euros (1 trillion) au cours des douze derniers mois et s'établit à présent à près de 3 600 milliards d'euros (3,6 trillions), en particulier pour deux raisons : les remboursements de la troisième série d'opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO III) et la réduction des titres détenus dans le cadre du programme d'achat d'actifs (APP), particulièrement après la décision de mettre fin aux réinvestissements APP à partir de juillet 2023 (EUROPE 13202/6).

Mme Lagarde a souligné que la BCE était la banque centrale qui avait réduit la taille de son bilan relativement au produit intérieur brut de la zone euro au rythme le plus rapide.

La présidente a déclaré que, dans un premier temps, il avait été décidé qu’il serait approprié et proportionné de fixer la rémunération des réserves obligatoires à 0% (EUROPE 13231/2), mais que les services de l'Eurosystème analysaient la taille et la composition optimales à long terme du bilan et, partant, le niveau adéquat de liquidité excédentaire. À ces fins, les services de l'Eurosystème procèdent « à un examen approfondi du cadre opérationnel de pilotage des taux d'intérêt à court terme en évaluant les coûts et les avantages de régimes alternatifs », a ajouté Christine Lagarde, espérant que cet examen approfondi sera achevé pour le printemps 2024.

Inflation

Par ailleurs, la présidente s’est dite confiante de voir la zone euro se rapprocher de l’objectif d’inflation à moyen terme au troisième trimestre 2025.

Elle a reconnu à ce propos que le ralentissement de l’inflation globale était en grande partie dû à la baisse des prix de l’énergie et des prix de l’alimentation, mais a estimé que la contribution de la politique monétaire de la BCE à la réduction de l’inflation serait de 2% pour la période de 2022 à 2024.

Euro numérique et rapport BCE

La présidente a indiqué que la facilité d'usage par les utilisateurs (user-friendly) d’un potentiel euro numérique, sa gratuité et le fait qu’il soit un mode de paiement universel dans tous les États membres en feraient un succès, en y ajoutant la protection de la vie privée (et non l'anonymat).

À l’issue de l’audition, le rapporteur, Johan Van Overtveldt (CRE, belge), a présenté son projet de rapport annuel sur l’activité de la BCE. Le député estime notamment que la BCE a mal observé l'inflation (misobserved) et invite la BCE à analyser ses modèles, à regarder le rôle qu’ils jouent dans les processus de décision au niveau de sa politique monétaire et à les adapter, si nécessaire.

La limite pour le dépôt des amendements à son projet de rapport est le 4 octobre.

Lien vers le projet de rapport : https://aeur.eu/f/8qg (Émilie Vanderhulst)

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