Aucune nouvelle réunion n’est prévue entre le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, et le Président serbe, Aleksandar Vučić, après que ceux-ci se sont rencontrés à Bruxelles, jeudi 14 septembre, sans parvenir à aucun résultat (EUROPE 13250/13).
« Il n’y a pas de réunion bientôt prévue, parce qu’on sait que les résultats seront les mêmes. Il n’y plus rien à négocier, il faut mettre en œuvre l’accord d’Ohrid », a regretté un diplomate de l’UE, alors qu’une septième proposition a été faite aux deux dirigeants pour parvenir à une normalisation des dialogues entre Belgrade et Pristina.
Les deux dirigeants étaient venus à Bruxelles avec leurs propres propositions. Pour M. Vučić - qui était finalement prêt à accepter la proposition de l’UE -, la priorité résidait dans l’établissement de l'Association des municipalités serbes au Kosovo (EUROPE 13174/20).
Pour M. Kurti, qui a rejeté la proposition de l’UE, les questions politiques, à l’image de la reconnaissance des documents respectifs et autres symboles nationaux, devaient être réglées en premier. Par ailleurs, à l’issue de la rencontre, il a déclaré sur X (anciennement Twitter) que seule sa proposition avait été sur la table hier, à la surprise de certains diplomates.
« Je suis surpris que M. Kurti ait dit qu’il s’agissait du seul papier sur la table. C’est faux, notre document est là depuis juillet », a réagi un diplomate européen.
La proposition de la Commission reposait sur 13 points. Le premier d’entre eux devait conduire au lancement du processus de négociation sur le statut de l'instrument d'autogestion pour les Serbes du Kosovo. De l’autre côté, la Serbie aurait aussi dû consentir à certains efforts, notamment concernant la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (UNMIK).
Les deux parties auraient ensuite dû s’engager à ne pas intervenir dans les affaires intérieures de l’autre et « s’abstenir de toute violence ou de menaces de violence », indique le document qu'EUROPE a pu consulter.
L’instrument d'autogestion pour les Serbes du Kosovo aurait été créé et les structures administrées par la Serbie au Kosovo auraient été supprimées. L’étape d’après prévoyait une reconnaissance des documents et symboles nationaux, avant un accord sur une feuille de route contraignante sur la mise en œuvre des obligations respectives en suspens découlant des accords de dialogue passés.
La Serbie aurait alors dû s'engager à ne pas s’opposer à l’adhésion du Kosovo aux organisations internationales, et Pristina aurait dû s'engager à protéger les sites culturels et le patrimoine religieux serbe sur son territoire.
Des groupes auraient été créés pour mener des travaux préparatoires avant le « lancement des négociations sur l'accord juridiquement contraignant sur la normalisation globale ».
« C’est regrettable et décevant. Ils n'ont pratiquement rien fait pour mettre en œuvre les accords. Les deux parties sont en violation avec les obligations du dialogue », a conclu un diplomate européen. Outre avec les États membres, des discussions devraient avoir lieu sur le sujet lors de la prochaine Assemblée des Nations unies, les 18 et 19 septembre prochains. (Thomas Mangin)