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Bulletin Quotidien Europe N° 13251
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bei

Les consultations vont bon train dans la course à la présidence de la Banque de l'UE

La réunion informelle des ministres européens des Finances, qui se déroule jusqu'à samedi 16 septembre à Saint-Jacques de Compostelle à l'initiative de la Présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne, est le théâtre de consultations intenses sur la nomination du remplaçant de l'Allemand Werner Hoyer à la tête de la Banque européenne d'investissement (BEI), en présence des candidats (EUROPE 13250/2).

Officiellement, la ministre espagnole des Finances, Nadia Calviño, hôte de la réunion ministérielle, ne souhaite pas faire la promotion de sa candidature en raison de la tâche qui lui incombe de mener les travaux. « La présence de candidats peut mener à des discussions », a-t-elle néanmoins admis, se réjouissant du soutien qu'elle a reçu du Portugal.

Les autres candidats sont la Danoise Margrethe Vestager, commissaire européenne à la Concurrence, l'Italien Daniele Franco, ancien ministre des Finances, ainsi que la Polonaise Teresa Czerwińska et le Suédois Thomas Östros, deux vice-présidents de la BEI.

Chargé de mener la procédure à bien en tant que président en exercice du conseil d'administration de la BEI, le ministre belge des Finances, Vincent Van Peteghem, a indiqué qu'après évaluation des cinq candidatures, « les consultations informelles » avaient démarré pour voir de quelle manière les deux conditions posées pour la nomination d'un candidat pouvaient être remplies, à savoir recueillir le soutien de 18 pays représentant 68% du capital de la Banque de l'UE.

Il effectuera un point d'information, samedi matin, lors de la réunion ministérielle. Mais plusieurs ministres, comme la Néerlandaise Sigrid Kaag et l'Allemand Christian Lindner, ont prédit qu'aucune décision ne serait prise cette fin de semaine en Galice.

« Nous ne devons pas forcer le processus », a estimé le ministre belge, une décision demeurant nécessaire d'ici à fin 2023, échéance du deuxième mandat de M. Hoyer.

M. Lindner a préconisé une réflexion préalable sur l'évolution des missions et de la gouvernance de la BEI, la principale banque multilatérale de développement dans le monde. Il a appuyé l'action de la BEI en faveur de la transition climatique et énergétique ainsi que ses interventions en Afrique et en Ukraine. « Mais sa mission ne doit pas être surchargée » et la BEI doit conserver sa notation financière AAA, a-t-il souligné, alors que d'aucuns reprochent à la Banque sa réticence à prendre des risques.

Côté français, une source du ministère des Finances avait insisté, jeudi, sur « le respect du mix énergétique des États membres », en écho à de précédentes déclarations du ministre français, Bruno Le Maire, selon lequel la BEI devait aussi soutenir les investissements dans le secteur nucléaire.

À l'heure actuelle, le nombre de candidats demeure trop élevé pour que l'un d'entre eux soit en mesure de recueillir la majorité qualifiée des pays de l'UE nécessaire. D'aucuns, à l'instar de certaines capitales, voudront attendre l'issue du processus, qui se poursuit en parallèle, en vue de la nomination à la présidence du Conseil de supervision unique (SSM) au sein de la BCE, l'entité chargée de superviser les grands groupes bancaires au sein de l'union bancaire en zone euro.

Mercredi, la BCE a annoncé que le Conseil des gouverneurs s'était prononcé majoritairement en faveur de la candidature de l'Allemande Claudia Buch, vice-gouverneur de la Bundesbank, préférée à Margarita Delgado, vice-gouverneur de la Banque d'Espagne (EUROPE 13249/38). Les coordinateurs de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen s'étaient informellement exprimés, au contraire, pour la candidate espagnole. Le PE dispose d'un pouvoir de veto final sur la proposition de la BCE.

Interrogée vendredi sur le processus interne à la BCE, sa présidente, Christine Lagarde, a indiqué que sur les quatre candidatures reçues pour la présidence du Conseil SSM, deux avaient été retenues par le comité de sélection. Elle s'est inscrite en faux contre ceux l'accusant de n'avoir pas partagé l'opinion des eurodéputés au Conseil des gouverneurs. Celui-ci a ensuite voté via bulletin secret sous contrôle d'un comité d'intégrité, a-t-elle ajouté, saluant « la sportivité et l'élégance » des deux candidates à l'annonce du résultat.

Claudia Buch sera auditionnée par la commission ECON mercredi 20 septembre. Si elle franchit l'étape du PE puis celle du Conseil de l'UE, sa nomination est considérée comme un avantage pour la candidature de Mme Calviño. (Mathieu Bion)

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