Le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, a estimé, vendredi 15 septembre à Saint-Jacques-de-Compostelle, que l'économie de la zone euro, bien qu'elle ait perdu « un peu d'élan », continue d'être « résiliente » malgré l'incertitude géopolitique et certaines décisions de politique monétaire qui ont un impact sur les conditions de financement des opérateurs économiques.
En début de semaine, la Commission européenne a revu à la baisse par rapport au printemps ses prévisions de croissance pour la zone euro, à hauteur de 0,8% du PIB en 2023 et de 1,3% en 2024, en raison notamment de la récession que devrait traverser l'Allemagne cette année (chute du PIB de 0,4% du PIB), avant un rebond l'année prochaine (EUROPE 13247/1).
D'après le ministre allemand, Christian Lindner, cette situation est conjoncturelle et l'économie de son pays est suffisamment forte pour renverser cette tendance. Il a fait valoir que le déficit public allemand devrait être ramené à hauteur de 2,5% du PIB national cette année, conséquence d'une politique budgétaire « modérément restrictive ». Selon lui, cette performance illustre la manière dont la politique budgétaire allemande accompagne les décisions de politique monétaire que prend la BCE, jugées adéquates à Berlin.
M. Donohoe a indiqué que la déclaration de l'Eurogroupe de juillet demeure valable. Avant la pause estivale, les vingt ministres des Finances des pays de la zone euro avaient préconisé « une orientation budgétaire restrictive » au niveau de l'Eurozone pour 2024, sans toutefois fixer une cible moyenne de réduction des déficits publics (EUROPE 13222/13). Et cela doit se poursuivre « aussi longtemps que nécessaire », de façon à ce que la BCE atteigne son objectif, a renchéri sa présidente, Christine Lagarde, à savoir replacer l'inflation sur une trajectoire de 2% à moyen terme.
Le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, a abondé dans le même sens : « La politique budgétaire doit être restrictive ». « Cela ne signifie pas qu'il faille réduire les investissements, mais qu'il faut supprimer progressivement toutes les mesures d'aide à l'énergie restantes et veiller à ce que les nouvelles mesures, si elles s'avèrent nécessaires, soient beaucoup mieux ciblées sur les personnes les plus vulnérables », a-t-il élaboré.
De son côté, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a mis l'accent sur les mesures stimulant la croissance économique, citant la simplification des règles pour les entreprises, la concrétisation de l'union des marchés de capitaux et les investissements en faveur de l'innovation. (Mathieu Bion)