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Bulletin Quotidien Europe N° 13247
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

Plombée par la récession allemande, la croissance en zone euro ralentira plus fortement que prévu en 2023, prédit la Commission européenne

La Commission européenne a revu à la baisse, lundi 11 septembre, ses prévisions de croissance pour la zone euro, à hauteur de 0,8% du PIB en 2023 et de 1,3% en 2024, et pour l'Union européenne, à hauteur de 0,8% du PIB en 2023 et de 1,4% en 2024, par rapport au printemps, en raison notamment de la récession - chute du PIB allemand de 0,4% du PIB - que devrait traverser l'Allemagne cette année.

Le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, a d'abord fait remarquer que l'UE dans son ensemble avait évité la récession l'hiver dernier malgré « l'ampleur des chocs » macroéconomiques, notamment énergétiques, après l'invasion militaire russe, auxquels elle avait été confrontée. Toutefois, « l'économie européenne a perdu de l'élan depuis le printemps », en stagnant au deuxième trimestre, et les indicateurs économiques pointent un ralentissement accru dans les prochains mois, a-t-il relevé.

Ainsi, par rapport à ses prévisions de printemps (EUROPE 13182/1), la Commission a diminué ses prévisions de croissance de 0,3% du PIB et de 0,2% respectivement pour la zone euro et l'UE. Pour 2024, la révision à la baisse de la croissance atteint 0,3% du PIB tant pour la zone euro que pour l'UE.

Les prévisions économiques présentées lundi ne fournissent des données nationales que pour les six principales économies de l'UE : l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et la Pologne.

Allemagne. C'est en Allemagne que le ralentissement économique est le plus marqué. Confrontée à une modération de ses exportations et de la consommation intérieure, l'économie allemande devrait connaître la récession (-0,4% du PIB) cette année, alors qu'en mai, la Commission tablait encore sur une croissance - faible, mais positive (0,2%) - dans la première économie de l'Union. L'institution de l'UE prévoit néanmoins un rebond de l'économie allemande en 2024, à hauteur de 1,1% du PIB national, favorisé par une reprise de la consommation des ménages.

 Paolo Gentiloni n'a pas souhaité abonder dans le sens de The Economist, qui s'était demandé si l'Allemagne n'était pas à nouveau 'le pays malade' de l'Europe. Nous reconnaissons clairement la faiblesse de la conjoncture économique en Allemagne, mais nous connaissons tous la force des fondamentaux allemands et sa capacité à se relancer, a-t-il considéré.

Concernant la France, les prévisions économiques d'été ont été revues à la hausse pour cette année, passant de 0,7 à 1,0% du PIB en 2023, mais légèrement à la baisse pour 2024, de 1,4 à 1,2% du PIB. La vigueur de l'économie française est surtout due à un rebond des exportations alors que la consommation intérieure, levier économique traditionnel du pays, demeure « léthargique », a noté le commissaire.

 En Italie, le ralentissement économique, plus prononcé, a surpris, obligeant la Commission à revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour ce pays, de 1,2 à 0,9% du PIB pour 2023, et de 1,1 à 0,8% du PIB en 2024. Le commissaire a refusé de répondre aux critiques de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, qui lui reproche de ne pas faire assez pour défendre les positions italiennes à Bruxelles. Selon lui, les données spécifiques à l'Italie ne sont pas préoccupantes, car elles s'inscrivent dans un contexte de ralentissement qui touche tous les pays de la zone euro.

À l'opposé, l'économie espagnole poursuit sur sa très bonne lancée, avec une révision à la hausse pour 2023 de 1,9 à 2,2% du PIB, mais légèrement à la baisse pour 2024, de 2,0 à 1,9% du PIB. 

Quant à l'inflation, elle devrait poursuivre sa trajectoire baissière, s'établissant à 5,6% en 2023 et à 2,9% en 2024 au niveau de la zone euro, et à 6,5% cette année et 3,2% l'année prochaine pour l'UE.

M. Gentiloni a pointé « les risques et l'incertitude » qui entourent l'économie européenne. L'invasion militaire russe, l'impact du resserrement monétaire à marche forcée opéré par la BCE sur l'octroi de crédits aux opérateurs économiques ainsi que la stagnation de la consommation privée, en raison notamment de salaires augmentant moins vite que l'inflation, pourraient avoir un impact encore plus significatif sur la croissance des pays de l'UE. Seul l'emploi fait mieux que résister en se maintenant à un niveau record.

 Voir les prévisions économiques d'été : https://aeur.eu/f/8hp (Mathieu Bion)

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