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Bulletin Quotidien Europe N° 13247
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SOMMET DU G20 / Ukraine

Les dirigeants du G20 refusent de condamner explicitement Moscou pour son invasion militaire du territoire ukrainien

Les chefs d’État et de gouvernement des pays du G20 ont adopté, samedi 9 septembre à New Delhi, une déclaration dans laquelle ils se sont abstenus de condamner la Russie dans le cadre de la guerre qu’elle mène en Ukraine, préférant souligner que « tous les États doivent s'abstenir de recourir à la menace ou à l'emploi de la force dans le but d'acquérir des territoires contre l'intégrité territoriale ».

Cette déclaration marque un changement de ton par rapport à la déclaration adoptée en 2022, à Bali, dans laquelle les États du G20 « déploraient » « l'agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine ».

« Les points de vue et les évaluations de la situation ont été différents », résume la déclaration de New Delhi, alors que Moscou, représenté par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se serait opposé à un soutien trop affiché à Kiev.

Le document indique ainsi que le G20 « n'est pas la plateforme pour résoudre les questions géopolitiques et de sécurité », mais reconnaît que les conflits peuvent « avoir des conséquences significatives pour l'économie mondiale ».

« Nous appelons tous les États à respecter les principes du droit international, notamment l'intégrité territoriale et la souveraineté, le droit humanitaire international et le système multilatéral qui préserve la paix et la stabilité. (…) Nous unirons nos efforts pour remédier à l'impact négatif de la guerre sur l'économie mondiale et accueillerons favorablement toutes les initiatives pertinentes et constructives qui soutiennent une paix globale, juste et durable en Ukraine », précisent les membres du G20.

M. Lavrov, pour sa part, a estimé que le sommet du G20, au cours duquel les dirigeants se sont refusés à condamner explicitement la Russie, était un « succès ».

« Les discussions ne sont pas toujours simples et, parfois, il faut réunir les différentes voix, être à l’écoute des perspectives de chacun pour produire un résultat qui nous permette d’aller de l’avant », a résumé, prudente, une fonctionnaire de la Commission européenne.

Pour Kiev, en revanche, la position des membres du G20 ne passe pas. « L'Ukraine est reconnaissante envers ses partenaires qui ont essayé d'inclure des termes forts dans le texte. Dans le même temps, le G20 n'a pas de quoi être fier de la partie concernant l'agression de la Russie contre l’Ukraine », a déclaré sur X (anciennement Twitter) le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko.

Les efforts d'Ankara sur la sécurité alimentaire salués

Par ailleurs, les chefs d’État et de gouvernement du G20 ont également accueilli favorablement les efforts déployés par la Turquie ainsi que les accords d’Istanbul négociés par les Nations Unies, qui comprennent le mémorandum d’accord entre la Russie et le secrétariat de l’Organisation des Nations unies sur la promotion des produits alimentaires et engrais russes sur les marchés mondiaux et l’Initiative sur le transport sécurisé de céréales et de denrées alimentaires depuis les ports ukrainiens ('Initiative de la mer Noire') (EUROPE 13244/15).

Ils ont appelé à leur mise en œuvre rapide, complète et réelle pour garantir des livraisons immédiates et sans entrave de céréales, de denrées alimentaires et d’engrais ou intrants en provenance de la Russie et de l’Ukraine.

« Cela est indispensable pour répondre aux besoins des pays en développement et les moins avancés, notamment en Afrique », selon la déclaration.

Par ailleurs, dimanche 10 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a appelé à ne pas marginaliser la Russie dans les pourparlers pour relancer l'accord sur l'exportation des céréales ukrainiennes via la mer Noire. « Aucun processus qui marginaliserait la Russie dans l'initiative sur les céréales en mer Noire ne sera viable », a-t-il déclaré, annonçant l'organisation d'une réunion prochaine sur le sujet avec des représentants russes, ukrainiens et onusiens, sans précision de date ni de lieu.

Négocié sous l'égide d'Ankara et de l'ONU à l'été 2022, cet accord visait à sécuriser les exportations céréalières de Kiev via les ports ukrainiens sur la mer Noire.

Voir la déclaration du G20 : https://aeur.eu/f/8hy  (Lionel Changeur & Thomas Mangin)

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