Que l'Union africaine (UA) ait été admise à siéger à la table du G20 de manière permanente à l'instar de l'Union européenne - organisation internationale jumelle - constitue, pour la voix de l'Afrique dans le cénacle des 20 plus grandes économies au monde, l'avancée majeure et le succès du sommet du G20 sous présidence indienne, qui s'est achevé dimanche 10 septembre à New Delhi.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, s'en était déjà félicité en amont du sommet en rappelant que l'UE avait soutenu cette candidature de l'UA dès son annonce en juin 2022 (EUROPE 13246/13).
Dimanche, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, dans une déclaration publiée au nom des Vingt-sept, avait salué « l'adhésion de l'Union africaine comme membre permanent du G20 », estimant que cela « augmentera la représentation de l'Afrique dans les fora multilatéraux, offrira une plateforme de plus pour discuter des défis communs et contribuer à façonner des solutions mondiales ».
L'UE va investir dans le 'Corridor transafricain'. En marge du sommet du G20, l'UE et les États-Unis ont annoncé qu'ils allaient contribuer à soutenir un grand projet d'infrastructures en Afrique : le 'Corridor transafricain'. L'engagement de l'UE à soutenir ce projet dans le cadre des 150 milliards d'euros dévolus à l'Afrique sur le programme d'investissement de l'UE 'Global Gateway' a été annoncé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
« Notre objectif n'est pas seulement de relier une région enclavée à la mer. Notre partenariat investira également dans les chaînes de valeur locales, dans les énergies propres et dans les compétences de la main-d'œuvre locale », a-t-elle précisé.
Dans l'immédiat, l'UE et les États-Unis aideront les gouvernements à lancer des études de préfaisabilité pour la construction de la nouvelle ligne de chemin de fer Zambie-Lobito, qui partira de l'est de l'Angola et traversera le nord de la Zambie, précise une déclaration conjointe publiée samedi 9 septembre.
S'agissant de la dette des pays les plus pauvres, dont l'allègement tenait à cœur au Premier ministre indien, Narendra Modi, le G20 n'aura pas marqué les esprits. Les dirigeants du G20 n'ont pris aucun engagement autre que celui de poursuivre les travaux sur le cadre de restructuration de la dette de la Banque mondiale et du FMI.
Quant aux besoins énormes en financement des pays en développement les plus vulnérables, ils s'engagent à accroître les financements publics et privés 'pour accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable' des Nations Unies à l'horizon 2030 et à « poursuivre la réforme des banques multilatérales de développement pour s'attaquer aux défis mondiaux et en maximiser l'impact sur le développement ».
Voir la déclaration du G20 : https://aeur.eu/f/8hy (Aminata Niang)