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Bulletin Quotidien Europe N° 13247
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ACTION EXTÉRIEURE / DÉveloppement/onu

Un demi-millard d’euros investis par l’UE dans 'Spotlight' pour éliminer toute violence envers les femmes, mais peu de résultats, pointe la Cour des comptes

L'Union européenne a investi près de 500 millions d'euros dans l'initiative Spotlight, ce partenariat stratégique entre l'UE et les Nations Unies, pour éliminer toute violence faite aux femmes et aux filles dans le monde, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous et l'UE est toujours le seul donateur, dénonce la Cour des comptes européenne (ECA) dans un rapport très sévère publié lundi 11 septembre.

L'initiative Spotlight, lancée en 2017 pour 4 ans (EUROPE 11867/20), a déjà été prolongée en raison de retards, notamment dus à la crise de la Covid-19. Elle constitue un programme phare de l'UE, dont les auditeurs voulaient mesurer l'efficacité en se concentrant sur les pays partenaires d'Afrique et d'Amérique latine qui bénéficient de la majorité du budget couvrant 26 pays.

Les auditeurs ont noté quelques progrès, inégaux et insuffisants, une gestion peu efficace, sans garantie de la durabilité des projets, une utilisation des fonds qui pourrait être optimisée, puisqu'un tiers des financements de l'UE ont servi à couvrir les frais de gestion de l'ONU, et un manque de visibilité du financement de l'UE.

Si des progrès ont été enregistrés en termes de campagnes de sensibilisation aux violences contre les femmes et les filles, aucun des programmes soutenus n’a enregistré de diminution du nombre de féminicides en Amérique latine, par exemple.

Un tiers du financement pour les coûts de gestion de l'ONU. Les coûts de gestion de l’initiative par les Nations unies se sont élevés à 155 millions de dollars (soit 31% du budget total de l’initiative), ce qui laisse 351 millions de dollars pour les partenaires chargés de la mise en œuvre et les bénéficiaires.

La Commission savait que la participation des Nations unies entraînerait des coûts plus élevés, mais n'a pas procédé à une comparaison approfondie d'autres options, ont noté les auditeurs, soulignant que la Commission avait pris une décision politique pour favoriser le multilatéralisme. 

En outre, l'initiative Spotlight, financée par un fonds fiduciaire multipartenaires, était censée servir d'amorce pour l'implication d'autres donateurs, tant au niveau mondial que national ; l'UE est toujours le seul donateur à ce jour alors même que 300 millions d'euros doivent encore être fournis, ont observé les auditeurs. 

Sans compter que la durée du programme n’est pas suffisante pour faire évoluer durablement une problématique complexe, estime l'ECA.

Selon Bettina Jakobsen, membre de l'ECA et responsable du rapport, « la violence à l'égard des femmes et des jeunes filles n'a évidemment pas sa place dans le monde et aucune femme ou jeune fille ne devrait être laissée pour compte. Néanmoins, elle reste l'une des violations des droits de l'homme les plus systématiques et les plus répandues ».

À la presse, ses collègues ont précisé que les frais de gestion des Nations Unies englobaient notamment les salaires du personnel de l'ONU, qui assure la coordination et la gestion du programme au niveau mondial.

Parmi les causes possibles du manque d'appétence d'autres donateurs, ils ont cité « le manque de résultats et de visibilité » et le montant de 100 millions d'euros exigé pour rejoindre le comité directeur de gestion de l'initiative au niveau mondial ou 10 millions d'euros pour les niveaux national et régional. 

 « Spotlight a été une tentative très ambitieuse de la Commission pour s'attaquer à un problème très important, mais l'impact en est très limité. La violence contre les femmes et les filles n'a pas baissé », ont-il ajouté.

Recommandations. La Cour des comptes recommande à la Commission européenne de procéder à une comparaison approfondie des différentes options de mise en œuvre dans les différents pays et régions avant de financer toute action, en justifiant les raisons motivant la sélection des pays et l'allocation des fonds. 

L'ECA recommande aussi d'accroître le financement destiné aux bénéficiaires finaux dans les pays partenaires et de limiter le nombre d'Agences des Nations Unies impliquées dans le programme.

La Commision est en outre invitée à renforcer la durabilité des projets et le partage des connaissances.

Ces recommandations ont été acceptées.

Pour consulter le rapport : https://aeur.eu/f/8i2 (Aminata Niang)

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