À moins de trois mois de la COP28 à Dubaï, qui sera l'occasion d'évaluer la mise en œuvre de l'Accord de Paris à l'échelle mondiale, la réunion des dirigeants des pays du G20 s'est terminée, dimanche 10 septembre, sans les avancées significatives espérées en matière de climat. Cette réunion à New Delhi revêtait une importance particulière, après un été marqué par des températures record (EUROPE 13244/27), signalant une année qui, selon Copernicus, sera la plus chaude de l'histoire de l'humanité.
Malgré cela, les vingt grandes puissances mondiales, qui ont reconnu dans leur déclaration commune l'urgence d'« accélérer (leurs) actions » pour faire face à la crise climatique, ne sont parvenues à aucun accord sur la sortie des énergies fossiles.
Et tandis qu'un rapport de l'ONU publié la veille des négociations a fait de ce dernier point une condition sine qua non à la lutte contre le changement climatique, pressant de faire « beaucoup plus, maintenant, sur tous les fronts », aucun objectif n'a pu être fixé en ce sens. Les leaders du G20 se sont contentés de s'engager à « accélérer les transitions énergétiques propres, durables, justes, abordables et inclusives en suivant diverses voies ».
Néanmoins, ils ont annoncé vouloir tripler, pour la première fois, la capacité de production d'énergie renouvelable à l'échelle mondiale à travers les objectifs et les politiques existantes, mesure soutenue en amont des négociations par le président du Conseil européen, Charles Michel (EUROPE 13246/13).
Si l'on anticipait des obstacles à la recherche d'un consensus, notamment en raison de la position de l'Arabie saoudite, grande exportatrice de pétrole (EUROPE 13246/13), et compte tenu de l'augmentation de la consommation de charbon en Chine et en Inde, les résultats obtenus près d'un an après la réunion de Bali, au cours de laquelle une position claire avait été énoncée en faveur de l'abandon progressif du charbon (EUROPE 13064/20), n'ont, de toute évidence, montré aucun signe de progrès.
Cette situation n'a pas manqué de susciter des réactions.
Le président français, Emmanuel Macron, a exprimé sa frustration en déclarant, le 10 septembre, au cours d'une conférence de presse, que les conclusions sur ces sujets étaient « insuffisant(e)s », rappelant qu'une sortie mondiale du charbon devait se faire « très rapidement et beaucoup plus rapidement qu'aujourd'hui », dès 2030, et que celle du pétrole doit se faire « le plus vite », soit, « bien avant 2050 ».
Ces propos ont fait écho à ceux de Margarita Pirovska, directrice des politiques du PRI (Principes pour l'investissement responsable), un réseau international d'institutions financières soutenu par les Nations Unies. « Les résultats du sommet de New Delhi de ce week-end ont été une fois de plus insuffisants, bien loin de l'action audacieuse requise », a-t-elle estimé lundi 11 septembre, dans un communiqué.
Toutefois, le G20 a réaffirmé son engagement envers l'Accord de Paris sur le climat et son objectif de maintenir l'augmentation de la température mondiale en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, avec un effort supplémentaire pour limiter l'augmentation à 1,5°C. Le G20 a également reconnu la nécessité de réduire rapidement et significativement les émissions mondiales de gaz à effet de serre, en visant une réduction « de 43% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2019 ».
En ce qui concerne le financement de l'action climatique, autre point sensible du sommet, le G20 a réaffirmé l'« engagement pris en 2010 par les pays développés de mobiliser conjointement 100 milliards de dollars par an d'ici 2020, et chaque année jusqu'en 2025, pour répondre aux besoins des pays en développement ».
De plus, le G20 appelle à un nouvel objectif collectif quantifié pour le financement du climat en 2024. La déclaration met l'accent sur l'importance de l'égalité des sexes dans la lutte contre le changement climatique, en encourageant la participation et le leadership des femmes.
Voir la déclaration du G20 : https://aeur.eu/f/8hy (Nithya Paquiry)