Les ministres de l’Agriculture des pays l’UE se réuniront lundi 18 septembre à Bruxelles, avec une fois encore en haut de l’agenda la question des importations de céréales en provenance d’Ukraine. Ils auront également, sous la présidence de leur homologue espagnol, Luis Planas, une discussion sur les aspects agricoles de la directive relative à la santé des sols ainsi qu’un échange sur les zones rurales.
Autres dossiers au menu : les inondations en Slovénie et en Grèce, la peste porcine africaine en Suède et la simplification de la politique agricole commune (PAC).
Le débat régulier entre ministres de l’Agriculture de l’UE sur les questions liées au commerce devrait largement tourner autour du dossier des importations de céréales en provenance d’Ukraine alors que les restrictions imposées depuis avril par l’UE (empêchant les importations dans cinq pays limitrophes) devaient expirer le 15 septembre (voir autre nouvelle).
Ukraine. Le Conseil 'Agriculture' discutera des mesures prises par la Commission sur la question des céréales ukrainiennes, a confirmé une source diplomatique vendredi 15 septembre (voir autre nouvelle). « Nous souhaitons un bon fonctionnement du marché intérieur, mais nous comprenons les problèmes des pays de l'UE » proches de l'Ukraine, a ajouté cette source, ajoutant que la décision est prise par la Commission.
La Pologne a déjà indiqué qu’elle prolongerait unilatéralement ces restrictions, mais de nombreux États membres insistent au contraire pour la levée le plus rapidement possible de celles-ci et le renforcement des voies de solidarité permettant à ces céréales d’être exportées vers des pays tiers.
Commerce. Les ministres évoqueront également d’autres aspects du commerce international, notamment les négociations en cours sur des accords de libre-échange (Mercosur, Australie, Mexique…).
La Commission européenne doit publier d’ici la fin de l’année une mise à jour de son étude de l’impact cumulatif pour le secteur agricole de l’UE de l’ensemble des accords commerciaux (signés et à venir).
La Commission fournira aussi des informations sur les relations commerciales agroalimentaires avec un certain nombre de partenaires importants (le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine ainsi que l’Ukraine).
Sols. Les ministres de l’Agriculture auront une discussion sur les aspects agricoles de la directive relative à la santé des sols, en vue de transmettre leurs idées à leurs homologues en charge de l’Environnement, qui négocient sur le dossier.
Dans sa proposition de juillet, la Commission prévoit, dans un premier temps, que les États membres se concentrent sur la mise en place d’outils de surveillance en vue d’atteindre des sols européens sains d’ici 2050. Un système de certification des bonnes pratiques pour la santé des sols pourrait être développé afin de rémunérer les efforts des agriculteurs qui mettraient en place ces bonnes pratiques. Si les efforts entrepris par les États membres sont jugés insuffisants, des objectifs plus contraignants pourraient, à terme, être imposés.
La Présidence espagnole du Conseil souligne l’importance de la proposition, qui peut contribuer à réduire les coûts de la dégradation des sols et à réduire la perte de productivité agricole liée à l’érosion. Certaines délégations ont souligné, lors d’une discussion préparatoire organisée au sein du comité spécial agriculture (CSA) du 11 septembre, que les caractéristiques et spécificités des différents États membres devraient être prises en compte.
Zones rurales. La Présidence espagnole du Conseil de l’UE a prévu un échange de vues sur les zones rurales de l’UE, en prévision du prochain forum de haut niveau sur la politique rurale (27-29 septembre à Sigüenza, en Espagne). En juin 2021, la Commission a adopté la communication intitulée ‘Une vision à long terme pour les zones rurales de l’UE’, qui vise à créer des communautés rurales plus fortes, connectées, résilientes et prospères à l’horizon 2040. La Présidence espagnole espère que le Conseil adoptera d’ici fin 2023 des conclusions fournissant des orientations politiques sur la voie à suivre et les mesures qui pourraient être prises à l’avenir, notamment au niveau des États membres et au niveau institutionnel.
Réserve agricole, PAC. Plusieurs autres points sont inscrits à l’agenda à la demande d’États membres.
La Slovénie demandera des fonds (issus de la réserve en cas de crise agricole) ainsi qu’une flexibilité maximale pour les mesures d'aide à ses agriculteurs affectés par de récentes inondations (https://aeur.eu/f/8l5 ).
La Grèce évoquera les effets des catastrophes naturelles sur le secteur agricole (https://aeur.eu/f/8l4 ).
Le Danemark, soutenu par plusieurs délégations (la Suède, la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Finlande, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, le Portugal et la Slovaquie), évoquera le sujet de la simplification de la PAC (modification des plans stratégiques, gestion financière…) (https://aeur.eu/f/8l6 ).
La Suède informera le Conseil sur le premier cas de sanglier porteur de la peste porcine africaine (PPA) détecté sur son territoire et sur les mesures mises en place pour empêcher la propagation de l’infection (https://aeur.eu/f/8l7 ).
Enfin, la Présidence espagnole présentera les résultats du sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires durables, qui s’est tenu fin juillet à Rome. (Lionel Changeur)