Le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a déploré, jeudi 14 septembre, à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, et le Président serbe, Aleksandar Vučić, l’absence d’efforts des deux pays concernant la mise en œuvre de l'accord sur la voie de la normalisation (EUROPE 13179/13).
Alors que six mois se sont écoulés depuis que les dirigeants serbe et kosovar se sont mis d’accord concernant la normalisation de relations entre Belgrade et Pristina, « seuls trois éléments ont été abordés : la déclaration des personnes disparues, la présentation du statut de l'équipe de gestion pour la communauté d'association et l'annonce de la création du comité mixte de suivi », a amèrement résumé M. Borrell.
« C'est très regrettable et cela en dit long sur le véritable engagement des parties en faveur de la normalisation des relations, ou plutôt sur l'absence d'engagement. (…) L’absence d'action de l'une ou l'autre partie signifie que le Kosovo et la Serbie sont en violation directe et grave de leurs obligations de dialogue et de leurs promesses », a-t-il poursuivi.
Lors de la réunion, MM. Kurti et Vučić sont « partis d’un point de vue opposé », a expliqué le Haut représentant de l’UE. Pour le Premier ministre kosovar, l’accent devrait être mis sur les aspects politiques de la normalisation, tandis que pour le Président serbe, la priorité est l’établissement de l'Association des municipalités serbes au Kosovo (EUROPE 13174/20).
Un compromis - « le seul possible », d’après M. Borrell - a été posé sur la table des négociations pour tenter de progresser. Celui-ci propose de travailler en parallèle sur les deux questions, pour parvenir à une « mise en œuvre progressive ».
Toutefois, si M. Vučić s’est finalement rangé derrière la proposition de l’UE, M. Kurti a pour sa part rejeté l’idée. « Malheureusement, après une longue réunion, le Premier ministre Albin Kurti n'était pas prêt à aller de l'avant et à entamer un processus crédible en vue de la création de la communauté d’association », a indiqué le Haut Représentant.
En outre, une partie de la rencontre a porté sur les tensions dans le nord du Kosovo (EUROPE 13209/5), depuis l’élection de maires albanais dans quatre communes à majorité serbe. Ces derniers avaient boycotté le scrutin et le taux de participation n’avait pas dépassé les 3%. Des violences avaient alors éclaté dans la région (EUROPE 13208/4).
Sur ce point, aucun progrès n’a été enregistré. « Nous exhortons à nouveau les deux parties à prendre des mesures immédiates dans le nord du Kosovo afin de désamorcer la situation, d'éviter toute nouvelle déstabilisation et de permettre la tenue immédiate de nouvelles élections locales anticipées », a insisté le Haut représentant de l’UE.
Pour y parvenir, deux options existent : la démission des maires ou la collecte de signatures permettant d’ouvrir un processus pouvant aboutir à leur destitution. L’UE penche pour la première option, jugée « plus rapide et plus efficace » pour parvenir à la tenue de nouvelles élections anticipées. (Thomas Mangin)