Les gens considèrent les systèmes fiscaux comme un mécanisme de changement positif, mais s'inquiètent de la corruption, d’après une enquête conjointe de l'Association des comptables agréés (ACCA), des Comptables agréés d'Australie et de Nouvelle-Zélande (CAANZ) et de la Fédération internationale des comptables (IFAC), publiée mercredi 13 septembre. Ainsi, 53,8% des personnes interrogées, résidents des pays du G20 et de la Nouvelle-Zélande, ont déclaré que la corruption est un facteur important dans leur attitude à l'égard de l'impôt.
« Ce n'est pas un problème qui touche uniquement les pays en développement », a fait remarquer Joseph Stead, analyste des politiques fiscales et de développement à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), lors de la conférence organisée à l’occasion de la publication du rapport, jeudi 14 septembre. « Nous devons toujours être sur nos gardes face à la corruption », a-t-il ajouté.
Pour Delia Ferreira Rubio, présidente de Transparency International, la « transparence et l'absence de responsabilité sont des éléments clés dans la lutte contre la corruption ». « Les comptables et les avocats jouent un rôle clé dans ce domaine et dans la possibilité de créer, d'établir et de maintenir la confiance dans le système fiscal », a-t-elle commenté.
Comme le montre l’enquête, les personnes interrogées ont un plus haut niveau de confiance dans les comptables fiscaux professionnels et les avocats fiscalistes professionnels. La confiance dans les autorités fiscales gouvernementales arrive en troisième position, 43% des personnes interrogées déclarant avoir confiance ou avoir très confiance dans les autorités fiscales. Malgré cela, 29% des personnes interrogées déclarent se méfier ou se méfier fortement de l'administration fiscale, ce qui en fait la profession la plus controversée dans l'opinion publique.
Pour Mme Ferreira Rubio, la corruption donne « l'impression que vos impôts ne travaillent pas pour vous », ce qui constitue « un obstacle à la confiance ». La corruption provoque aussi un sentiment d'inégalité. « Cette perception selon laquelle les personnes puissantes sont les acteurs de la corruption, parce que la corruption n'est pas seulement du côté gouvernemental, c'est comme un tango », a-t-elle analysé.
Pour Joseph Stead, la numérisation serait un moyen d'aider à accroître la confiance, car « elle peut certainement éliminer certaines opportunités de corruption ». Il existe aussi beaucoup de rotations du personnel administratif qui a développé ses compétences, établi de bonnes relations et qui disparaît ensuite pour faire quelque chose d'autre. Ce système est cependant un outil pour certaines autorités, car il permet d’empêcher des abus potentiels.
Lire l'enquête (en anglais) : https://aeur.eu/f/8kc (Anne Damiani)