Une délégation de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen qui devait se rendre en Tunisie du 14 au 16 septembre a été interdite d’entrée dans le pays par les autorités tunisiennes.
Dans une lettre datée du 13 septembre à destination de la délégation de l’UE en Tunisie, le ministre des Affaires étrangères tunisien a annoncé qu'à la suite du maintien de la visite « malgré de multiples réserves à son égard », la délégation ne serait pas autorisée à entrer sur le territoire.
« Nous condamnons la décision des autorités tunisiennes de refuser l'entrée à la délégation de la commission des affaires étrangères du Parlement européen et exigeons une explication détaillée. Ce comportement est sans précédent depuis la révolution démocratique de 2011 », a souligné la délégation du PE, dirigée par Michael Gahler (PPE, allemand) et composée de Dietmar Köster (S&D, allemand), Salima Yenbou (Renew Europe, française), Mounir Satouri (Verts/ALE, français) et Emmanuel Maurel (La Gauche, français), dans un communiqué.
Interrogé par EUROPE, M. Gahler a précisé que la décision des autorités tunisiennes l’avait « surpris ». Selon lui, avec son collègue Mounir Satouri, ils n’étaient pas les bienvenus dans le pays. M. Gahler a rappelé qu’il avait dénoncé, dès juillet 2011, le comportement du président tunisien.
Les députés souhaitaient, lors de cette mission de suivi d’une visite d’avril 2022 (EUROPE 12933/16), rencontrer le ministre des Affaires étrangères, la commission des Affaires étrangères du Parlement tunisien, l’opposition, la société civile ou encore des syndicats. Ils avaient déjà été informés que le ministre n’avait pas la volonté de les recevoir et, qu’en conséquence, le Parlement non plus.
Dans l’hémicycle du Parlement européen, M. Gahler a qualifié la décision tunisienne d’« inacceptable », appelant la Présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, à « prendre les mesures qui s’imposent ».
Le porte-parole de la présidente a expliqué à EUROPE que la situation était « regrettable ». « Le Parlement cherchera à obtenir des éclaircissements et à trouver une solution appropriée qui permette aux députés européens d'assumer leurs responsabilités », a-t-il ajouté.
De son côté, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Nabila Massrali, a précisé que cette interdiction d’entrée avait « surpris après les nombreuses visites de ces derniers mois qui ont permis d'établir un dialogue franc et ouvert entre toutes les institutions européennes et tunisiennes », et que l’ambassadeur de l’UE en Tunisie avait exprimé ses « regrets ». (Camille-Cerise Gessant)