Le Parlement européen a estimé, mercredi 13 septembre, qu’à moins d’un changement radical de la part du gouvernement turc, le processus d’adhésion de la Turquie ne pouvait pas reprendre.
Dans le rapport de Nacho Sánchez Amor (S&D, espagnol) qu’ils ont adopté (434 voix pour, 18 contre et 152 abstentions), les députés appellent donc Ankara, l’UE et ses États membres à sortir de l’impasse actuelle et à progresser vers un partenariat « plus étroit, plus dynamique et plus stratégique ». Pour cela, ils recommandent de lancer un processus de réflexion afin de trouver un cadre « parallèle et réaliste » pour les relations UE-Turquie qui englobe les intérêts de toutes les parties concernées. Le PE invite dès lors la Commission à étudier les formats envisageables pour la mise en place d’un « cadre mutuellement attrayant au cours d’un processus global et inclusif, tel qu’un accord d’association modernisé ».
Le Parlement européen rappelle aussi que la Turquie reste candidate à l’adhésion à l’UE même si les négociations sont gelées, alliée de l’OTAN et partenaire essentielle dans les domaines de la sécurité, des relations commerciales et économiques et des migrations. Il salue les efforts déployés par Ankara pour continuer à accueillir 4 millions de réfugiés.
Comme les années précédentes, le PE dénonce la situation des droits de l’homme et de l’État de droit dans le pays, se disant « consterné par le fait que la tendance négative est loin d’être arrêtée ou inversée et que le recul démocratique en Turquie s’est poursuivi au cours de l’année écoulée ». Il demande en outre une nouvelle fois à la Turquie de faire preuve d’un véritable engagement concernant les relations de bon voisinage.
Tout en saluant les efforts turcs pour faciliter les pourparlers entre l’Ukraine et la Russie, les députés soulignent le risque élevé de contournement des sanctions envers la Russie via la Turquie et le non-alignement d’Ankara sur les sanctions européennes.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/8jn (Camille-Cerise Gessant)