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Bulletin Quotidien Europe N° 13250
Sommaire Publication complète Par article 20 / 39
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / ÉgalitÉ de genre

Une légère majorité du Parlement européen en faveur de la pénalisation d’achats de services sexuels

Seule une petite majorité du Parlement européen s’est rangée derrière le rapport de Maria Noichl (S&D, allemande) appelant à pénaliser l’achat de services sexuels. Le texte, soumis au vote de la session plénière à Strasbourg jeudi 14 septembre, a réuni 234 voix pour, 175 contre et 122 abstentions.

Alors qu'il plaide pour des programmes de sortie de la prostitution efficaces, la dépénalisation des travailleurs et des campagnes de sensibilisation, c’est une mesure particulière qui a divisé les eurodéputés : criminaliser la clientèle pour réduire la demande (EUROPE 13210/24). Un point qui ne fait pas l’unanimité, y compris au sein des groupes politiques.

Hémicycle fragmenté

Ainsi, lors du débat de la veille, Karen Melchior (Renew Europe, danoise) a déploré un texte peu équilibré qui « supprime le droit des personnes adultes [...] à disposer de leur propre corps ». Si 50 membres de son parti l’ont suivie en s’opposant au rapport, 34 l’ont soutenue ou se sont abstenus.

De la même manière, bien que Sandra Pereira (La Gauche, portugaise) partage la position de la rapportrice, les votes de son groupe ne sont pas uniformes. Plusieurs présidents de partis avaient en effet décidé de ne pas donner de consignes de votes, puisque le sujet donnait lieu à controverse.

Enfin, le rapport a été largement soutenu par les députés S&D et PPE. Au contraire, une majorité des Verts/ALE, d’ID et du CRE s’y sont opposés ou se sont abstenus.

Libre arbitre versus exploitation

Or, ces divergences trouvent notamment leur origine dans la manière d’envisager le travail du sexe. Pour certains, il peut être le fruit d’un choix de celui ou celle qui l’exerce alors que pour d’autres (à l’instar de la rapportrice), il est synonyme d’exploitation et de trafic d’êtres humains (EUROPE 13246/15).

Sans se prononcer explicitement sur le rapport, la commissaire chargée des Valeurs, Věra Jourová, a rappelé que l’UE dispose d’instruments législatifs pour lutter contre la traite d’êtres humains, l’exploitation sexuelle des enfants et (si la directive est adoptée) les violences faites aux femmes.

Le texte adopté : https://aeur.eu/f/8k2 (Hélène Seynaeve)

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