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Bulletin Quotidien Europe N° 13208
ACTION EXTÉRIEURE / Serbie/kosovo

Les positions de Belgrade et Pristina restent éloignées à l'issue de la réunion de crise organisée par Josep Borrell pour mettre fin aux violences dans le nord du Kosovo

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, et le représentant spécial de l'Union européenne pour le dialogue entre Belgrade et Pristina, Miroslav Lajčák, ont rencontré séparément, jeudi 22 juin, le Président serbe, Aleksandar Vučić, et le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, afin d’essayer de trouver une solution pour mettre fin aux tensions et violences qui ont cours depuis le 26 mai dernier dans le nord du Kosovo (EUROPE 13205/28). Après plus de quatre heures de discussions, des pistes ont été dégagées, mais les positions de Belgrade et Pristina restent éloignées.

« Je pense que les deux dirigeants comprennent la gravité de la situation, mais il est évident qu'ils se trouvent dans des situations différentes, qu'ils ont des approches différentes, des interprétations différentes des causes et, également, des effets, des conséquences et des solutions », a déclaré M. Borrell à l’issue de la réunion de crise.

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères a présenté les différentes conditions qui devraient être respectées pour un retour à la normale dans cette région du Kosovo, qui s’est embrasée après que des maires albanais ont été élus dans quatre municipalités à majorité serbe. Cette dernière communauté avait boycotté les élections (EUROPE 13191/6).

L’UE appelle ainsi le Kosovo à suspendre immédiatement les opérations de police à proximité des bâtiments municipaux dans les communes concernées. Les quatre maires, pour leur part, devraient exercer temporairement leurs fonctions dans des locaux hors des bâtiments municipaux, jusqu’à ce que des élections anticipées - présentées par M. Borrell comme « le cœur de la solution » - soient annoncées.

La participation des Serbes à ces futures élections serait « inconditionnelle », a précisé Josep Borrell, qui demande que celles-ci aient lieu « dès que possible ».

Libération des policiers kosovars détenus en Serbie

De son côté, Belgrade devrait veiller à ce que les manifestants se retirent des bâtiments municipaux en même temps que la police kosovare et libèrent « immédiatement et sans condition » les trois policiers kosovars détenus en Serbie depuis le 14 juin dernier (EUROPE 13206/19). Belgrade avait affirmé que les trois hommes se trouvaient sur son territoire, tandis que Pristina avait démenti cette information, estimant qu’il s’agissait d'un « geste de vengeance ».

« En résumé, je pense que nous avons identifié des voies possibles pour avancer, mais les deux parties doivent de toute urgence respecter leurs engagements », a conclu M. Borrell.

Ces tensions sont venues gripper un processus de normalisation des relations entre Belgrade et Pristina qui peinait déjà à se mettre en route. Le 18 mars, MM. Vučić et Kurti s’étaient mis d’accord sur la mise en œuvre de l’accord sur la voie de la normalisation des relations de leurs deux pays, sans pour autant le signer officiellement. (EUROPE 13145/5, 13164/31).

« Nous devons revenir à la mise en œuvre de cet accord, ce qui implique d'entamer sans plus tarder, et sans aucune condition préalable, des négociations en vue de la rédaction du statut de l'Association/Communauté des municipalités de la majorité serbe », a jugé Josep Borrell.

Les discussions se poursuivront entre les parties prenantes, a indiqué M. Borrell, qui fera rapport aux ministres des Affaires étrangères qui se réuniront en Conseil lundi 26 juin (voir autre nouvelle). Le lendemain, M. Lajčák informera les eurodéputés de la commission des Affaires étrangères du PE des récents développements de la crise entre la Serbie et le Kosovo. (Thomas Mangin)

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