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Bulletin Quotidien Europe N° 13208
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Sans décisions majeures, le 'Sommet pour un nouveau pacte financier mondial' se clôt sur un « consensus » autour de quelques avancées

« Nous sommes tous d’accord sur le même objectif ». C’est autour de l’idée de « consensus » que le président de la République française, Emmanuel Macron, a clôturé les deux jours de débats à Paris. Se faisant le « scribe » des discussions qui se sont tenues lors du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, le chef de l’État français est revenu sur les ambitions qui ont guidé la rencontre, se référant à l’agenda de Bridgetown : « Un monde où les pays les plus vulnérables sont mieux équipés pour faire face aux crises et au changement climatique ».

Parmi la liste des progrès énoncée par Emmanuel Macron figure un partenariat avec le Sénégal pour une transition énergétique juste afin de soutenir le pays pour atteindre l'accès universel à l'énergie et développer un système énergétique à faible émission de carbone, lancé avec le groupe des partenaires internationaux (GPI) composé de la France, l'Allemagne, l'Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada.

En outre, la dette de la Zambie devrait être allégée et 100 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS) seront réalloués par le FMI aux pays pauvres pour soutenir leur développement et leur transition verte. La Banque mondiale, de son côté, envisage d'inclure dans ses accords avec les pays les plus vulnérables une clause de suspension du remboursement de la dette en cas de catastrophe.

Emmanuel Macron est également revenu sur l’engagement de 100 milliards de dollars par an pris lors de la COP15 de Copenhague, en 2009, par les pays riches pour aider ceux en développement, précisant, tout comme la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, qu’« il devrait enfin être tenu ». 

Enfin, M. Macron a appelé à une « mobilisation mondiale » pour mettre en place des taxations internationales sur les transactions financières, les billets d'avion et le transport maritime. Ce dernier point, qui avait été annoncé comme l’une des problématiques majeures du Sommet, n’a pas trouvé l’écho escompté, notamment auprès des poids lourds que sont les États-Unis et la Chine.

Concernant la taxe sur les transactions financières, qui avait fait l’objet d’un appel dans Le Monde d'un collectif de 350 scientifiques en amont des débats, le 21 juin, l’eurodéputé français Pierre Larrouturou (S&D) a fait part, auprès d’EUROPE, de la volonté du Parlement européen et du Parlement africain de se battre pour son application. « Il faudrait que la France et l’Europe le fassent avant la COP28 pour dire aux États-Unis ou au Japon de s’aligner », a-t-il déclaré, affirmant que tout était déjà « prêt » pour son application au sein de l’UE et que cela ne dépendait que de la volonté de la France. « Cela n’a rien d’historique. Il aurait fallu aller plus loin et plus vite que ce qui a été annoncé. Les pays du Sud sont en colère », a-t-il ajouté à propos des conclusions du Sommet. 

Et pour cause, lors de son intervention au cours de la première journée de discussions, le président kényan, William Ruto, a fait part de son indignation à l’égard des infrastructures financières mondiales existantes. « Comment osez-vous ? Le système nous piège ! », a-t-il alors martelé. Des mots qui ont trouvé une certaine résonance dans ceux de son homologue brésilien, Iñacio Lula da Silva, qui a dénoncé, lors de la discussion finale, le 23 juin : « Avec ce mécanisme, celui qui est riche est toujours riche et celui qui est pauvre est toujours pauvre ».

À la question de savoir si le Sommet qui s’est tenu à Paris ces deux derniers jours pourrait redresser la barre, la présidente de CAN Europe, Chiara Martinelli, nous a fait part de son scepticisme : « Il s’agit d’une occasion perdue. On aurait aimé aller plus loin sur plusieurs points : les financements privés, notamment ». Et de conclure : « Ce type de sommet est une opportunité pour l’UE de prendre le lead, cela n’a pas véritablement été le cas ». (Nithya Paquiry)

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