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Bulletin Quotidien Europe N° 13208
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Ukraine, tensions au nord du Kosovo et crise politique en Tunisie au programme du Conseil des ministres des Affaires étrangères

Les ministres des États membres chargés des Affaires étrangères se réuniront lundi 26 juin à Luxembourg. L'Ukraine occupera une large partie des débats, tout comme les tensions dans le nord du Kosovo, la crise politique en Tunisie ou encore le sujet de la diplomatie numérique, sur laquelle les ministres devraient adopter les conclusions du Conseil européen.

Ukraine. Les ministres discuteront d'abord, de nouveau, de la situation en Ukraine depuis l’agression russe et auront, comme à l’accoutumée, une liaison vidéo préalable avec le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba. Celui-ci leur fournira des informations sur la situation sur le terrain après le début de la contre-offensive ukrainienne.

 La discussion portera sur le soutien militaire, la question de l’obligation de rendre des comptes, la solution de la formule de paix de Volodymyr Zelensky et la multiplication des contacts que prend l’UE pour tenter de rallier un maximum de soutien sur la scène internationale.

« Sur la question militaire, on avance beaucoup. On forme les soldats plus vite que prévu. 24 000 soldats ont été formés sur l’objectif de 30 000 qui était prévu d’ici la fin de l’année », assurait vendredi un haut fonctionnaire, soulignant également les progrès accomplis en termes de fourniture de munitions et de missiles.

Les ministres discuteront du relèvement du plafond de la ‘Facilité européenne pour la paix’ (FEP) à 3,5 milliards d’euros. La décision du Conseil à ce sujet sera prise lundi. En revanche, aucune décision ne sera prise concernant le versement de la 8e tranche de la FEP, « car la Hongrie n’a pas levé son veto », selon ce haut fonctionnaire.

« Les tranches sont des instruments pour des remboursements a posteriori pour les États membres », relativisait un diplomate.

Par ailleurs, les ministres devraient se féliciter de l’adoption du onzième paquet de sanctions adopté vendredi, qui vise à contrer le contournement par les pays tiers des sanctions infligées à la Russie (voir autre nouvelle). « C’est un signal important de volonté et de conviction » , a estimé ce même diplomate.

Formule de paix. S’agissant de la formule de paix, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité fera le point avec les ministres des perspectives d’élargir le soutien international à ce plan, en amont de la réunion, ce week-end à Copenhague, organisée par les autorités ukrainiennes et à laquelle sont conviés la Commission européenne, les États-Unis, l’Afrique du Sud le Brésil, l'Inde et la Chine. Cette réunion se tiendra au niveau des conseillers nationaux pour la sécurité nationale. Josep Borrell n’y sera pas.

« On travaille sur cette formule de paix fondée sur le respect de la Charte des Nations Unies et l’intégrité territoriale », a indiqué un haut fonctionnaire européen. D’où, selon lui, l’importance, de cette réunion de Copenhague. Pour autant, « il n’y a pas encore de date » pour le sommet sur la paix, qui était « envisagé en juillet ».

Ils aborderont également la question de l’impunité pour les crimes de guerre. « Nous souhaitons progresser vers une position européenne commune », a précisé un diplomate.

Par ailleurs, les ministres adopteront : - la décision relative à la prolongation de l’Accord de Cotonou pour éviter un vide juridique le 30 juin du fait du blocage de la Pologne relatif à la signature et l’application provisoire de l’Accord Post-Cotonou (voir autre nouvelle) ; - des conclusions sur la Somalie et d'autres sur la Cour pénale internationale.

L’adoption de conclusions sur la coopération au développement est compromise par l’opposition de la Pologne à toute formulation concernant le genre.

Serbie/Kosovo. Les ministres des États membres aborderont aussi la question des tensions et violences dans le nord du Kosovo, qui ont débuté le 26 mai dernier quand des maires albanais élus dans quatre municipalités à majorité serbe ont pris leurs fonctions (EUROPE 13205/28). Josep Borrell, qui a rencontré le président serbe, Aleksandar Vučić, et le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, le 22 juin à Bruxelles (voir autre nouvelle), fera le point sur la situation auprès des ministres compétents.

« Les ministres veulent éviter l'escalade et, pour l'UE, il est important d'avoir une approche équilibrée entre les deux parties », a indiqué une source diplomatique de l'UE.

La question de potentielles sanctions à imposer à la Serbie ou au Kosovo (EUROPE 13202/25) ne fait pas partie des points à l’ordre du jour de ce Conseil des ministres, mais sera traitée par les chefs d’État ou de gouvernement lors du Conseil européen, qui aura lieu à Bruxelles les 29 et 30 juin.

Tunisie. Les ministres s'entretiendront sur la crise politique en Tunisie, après plusieurs déplacements de dirigeants politiques européens, en vue de renouer le dialogue avec les autorités tunisiennes. L'objectif est de faire, lundi, le point sur la situation dans ce pays voisin avant que le Conseil européen se saisisse du dossier, en fin de semaine prochaine.

Début juin à Tunis, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, et le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, avaient proposé au président tunisien, Kaïs Saïed, d'agréer un partenariat global avec Tunis portant notamment sur une aide macrofinancière, une modernisation des échanges commerciaux en échange de mesures plus fermes de lutte contre l'immigration clandestine vers l'UE (EUROPE 13199/15).

« Nous travaillons sur un Protocole d'accord et nous espérons qu'il sera agréé avant le Conseil européen », a indiqué une source diplomatique européenne, insistant sur l'importance, pour la Tunisie, de trouver en parallèle un accord avec le FMI.

Iran. Le Conseil de l'UE adoptera un neuvième paquet de sanctions visant des autorités iraniennes responsables de violations des droits de l'homme.

Amérique latine et Caraïbes. Les ministres auront l'occasion de réagir à la proposition du Service européen pour l'action extérieure relative à un nouvel agenda pour les relations entre l'UE et les pays d'Amérique latine et des Caraïbes (EUROPE 13196/15) en perspective du sommet UE/CELAC, qui se tiendra les 17 et 18 juillet à Bruxelles.

La discussion vise à trouver un terrain d'entente sur les priorités du sommet, telles que la réaffirmation de valeurs fondamentales à la lumière de l'agression militaire russe de l'Ukraine ou la lutte contre le changement climatique. Les Européens attendent de leurs partenaires latino-américains et caribéens une réaction à un projet de déclaration qu'ils leur ont transmis, selon ce diplomate.

L'approfondissement de la coopération économique avec la conclusion d'accords bilatéraux sur les matières premières et d'accords de libre-échange est un enjeu important du futur des relations entre les deux régions.

Caucase. Le Conseil 'Affaires étrangères' fera également le point des efforts visant à normaliser les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan après la réunion entre les parties, début juin, en marge du sommet de la Communauté politique européenne en Moldavie. L'UE s'emploie à convaincre les autorités azerbaïdjanaises de la nécessité de fermer le checkpoint dans le corridor de Latchine.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, réunira le 21 juillet à Bruxelles le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, et le Premier ministre arménien, Nikol Pashinyan.

Diplomatie numérique. Enfin, les ministres seront invités à débattre de la question de la diplomatie numérique, avant d’adopter les conclusions du Conseil en la matière. « Il est clair que les technologies numériques sont devenues des facteurs déterminants de l'équilibre des pouvoirs au niveau mondial. Quelques partenariats numériques ont été lancés, par exemple avec le Japon, la Corée du Sud et Singapour. Il s'agit de façonner ou de définir l'avenir de l'architecture numérique mondiale, de définir des normes et d'améliorer la résistance aux cyberattaques », a résumé un diplomate de l’UE.

Le Conseil européen était convenu d’une approche globale de l’UE en juillet 2022. Cette approche devait notamment pousser l’UE à renforcer son réseau d’alliances et à investir davantage dans les infrastructures numériques pour que la diplomatie numérique fasse partie intégrante de l'action extérieure de l’UE.

Voir les conclusions du Conseil sur la diplomatie numérique : https://aeur.eu/f/7om  (Mathieu Bion, Thomas Mangin & Aminata Niang)

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