Le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a annoncé, jeudi 15 juin, qu’un réunion de crise allait être organisée, la semaine prochaine à Bruxelles, avec des représentants serbes et kosovars, pour tenter de mettre fin aux violences dans le nord du Kosovo.
Cette réunion devrait être l’occasion de revenir sur les éléments de désescalade définis par l'UE et les États-Unis pour endiguer les tensions dans cette région du pays. Le Haut représentant les avait rappelés, mercredi 14 juin, dans un document adressé au Premier ministre kosovar, Albin Kurti, après que celui-ci eut remis à l’UE, deux jours plus tôt, une proposition de plan en cinq points pour permettre un retour au calme (EUROPE 13201/26).
La réponse de M. Borrell à N. Kurti insistait sur le fait que les maires albanais élus dans les quatre communes à majorité serbe dans le nord du pays - où les violences ont débuté le 26 mai dernier (EUROPE 13190/20) - devraient « temporairement travailler ailleurs que dans les bâtiments municipaux ».
Pour le moment, deux des quatre élus ont donné suite à cette demande, à Zubin Potok et Zvecan. « Nous espérons que les maires de Leposavic et Mitrovica Nord feront de même sous peu », complétait M. Borrell. Ces deux élus sont membres du même parti politique que M. Kurti.
Le Haut Représentant avait aussi demandé la suspension immédiate des opérations de police à proximité des bâtiments municipaux dans le nord du Kosovo. De son côté, la Serbie devrait s’engager à soutenir le retrait des fauteurs de trouble de la zone.
L’arrêt des opérations de la police kosovare était érigée en condition sine qua non pour accéder à la demande de M. Kurti, qui souhaitait, dans le document remis le 12 juin à l’UE, que la police nationale et la KFOR mise en œuvre par l’OTAN mènent, tous les 15 jours, des évaluations conjointes de la sécurité.
M. Borrell avait également demandé que des élections anticipées aient lieu, « dès que possible », dans les quatre communes émaillées par les violences et que les Serbes installés dans la région y participent. « Nous avons clairement fait part de cette demande au président serbe, M. Vučić », avait précisé M. Borrell.
Une réunion de haut niveau entre le Premier ministre, Albin Kurti, et le Président serbe, Aleksandar Vučić, pourra avoir lieu une fois que ces conditions seront remplies, avait ajouté M. Borrell.
« Nous ne pouvons pas progresser sur la voie de la normalisation des relations tant que nous nous occupons de la gestion de la crise. (…) Si vous êtes prêts à prendre les mesures nécessaires, une réunion peut être organisée rapidement », indiquait le document.
La lettre remise à M. Kurti prévenait, enfin, qu’en l’absence de mesures, le Kosovo pourrait s’exposer à des sanctions, notamment relatives aux fonds provenant de l’UE ou à son processus d’adhésion à l’UE. (Thomas Mangin)