La communauté internationale, réunie jeudi 15 juin à Bruxelles, a promis 9,6 milliards d’euros pour aider les Syriens et les communautés d’accueil dans les pays voisins en 2023 et au-delà, a annoncé le commissaire européen à l'Aide humanitaire, Janez Lenarčič, à l’issue de la 7e conférence sur la Syrie, à laquelle ont participé les ministres et représentants de 57 pays et 30 organisations internationales, y compris l’ONU.
Sur ces fonds, pour 2023, 4,6 milliards sont des dons. L’UE et les États membres représentent 70% des donateurs pour 2023, soit 3,8 milliards d’euros, dont 1,5 milliard du budget de l’UE.
Les donateurs et les institutions financières internationales ont également promis 4 milliards d’euros de prêts.
La communauté internationale a déjà promis un milliard d’euros pour 2024 et au-delà, selon M. Lenarčič. Plus tôt dans la journée, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, avait annoncé que l’UE débloquerait 560 millions d’euros pour 2024.
« Cela veut dire que, collectivement, nous avons levé 9,6 milliards d’euros (10,3 milliards de dollars) en dons et prêts (pour 2023 et au-delà). C’est 800 millions d’euros de plus que les montants atteints lors de la conférence de l’an dernier », a salué M. Lenarčič. Selon lui, il s’agit d’une « démonstration tangible que la communauté internationale reste aux côtés des Syriens ».
Ces promesses sont cependant éloignées des montants estimés nécessaires par les Nations Unies pour couvrir les besoins. En ouverture de session, dans un message vidéo, son secrétaire général, Antonio Guterres, a précisé qu’il fallait 11,1 milliards d’euros pour aider les Syriens.
Rappelant que la guerre durait depuis plus de 10 ans, M. Guterres a rappelé que 12 millions de Syriens avaient été déplacés, que les 9/10 vivaient en dessous du seuil de pauvreté et qu'ils avaient besoin d’aide humanitaire.
Ne pas baisser les bras
Estimant qu'il était « inacceptable » que la situation actuelle du peuple syrien soit tolérée, M. Borrell a appelé à avancer sur une solution politique au conflit. « Nous ne pouvons pas mettre de côté la nécessité d'une solution à long terme à la situation des réfugiés. Nous devons travailler positivement à la recherche de solutions », a-t-il prévenu. Selon lui, au cours de l'année écoulée, il y a eu « peu de progrès, très peu de progrès », vers une résolution du conflit syrien, malgré les efforts « inlassables » de l'envoyé spécial des Nations unies, Geir Pedersen.
« Notre tâche doit être de trouver des moyens d'œuvrer positivement à la résolution du conflit », a-t-il ajouté, prévenant que ce n'était pas le moment de baisser les bras.
Pour M. Borrell, « la seule issue au conflit syrien est politique ». Il a donc espéré qu’au cours de l’année à venir, les membres de la communauté internationale pourront « combiner (leurs) différentes approches afin de progresser vers la paix en Syrie », ajoutant que l’UE était prête à explorer, avec ses partenaires, tous les moyens possibles pour amener le régime syrien à s'engager dans une solution politique au conflit en Syrie.
Bien que la Ligue des États arabes ait décidé de réintégrer la Syrie, le Haut Représentant a prévenu que les conditions ne sont pas réunies pour que l'UE modifie sa politique. « Nous ne rétablirons pas de relations diplomatiques complètes avec le régime d'Assad ni ne commencerons à travailler à la reconstruction tant qu'une transition politique véritable et globale ne sera pas fermement engagée - ce qui n'est pas le cas », a-t-il expliqué.
M. Borrell a également appelé à maintenir l’engagement en faveur de la justice et de la responsabilité pour les crimes commis et au renouvellement de la résolution onusienne transfrontalière garantissant l'acheminement de l'aide humanitaire en Syrie.
De plus, l'UE ne soutiendra pas les retours organisés vers la Syrie, à moins qu'il n'y ait de fortes garanties que ces retours se font volontairement, en toute sécurité et dans la dignité, sous contrôle international, a prévenu M. Borrell. (Camille-Cerise Gessant)