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Bulletin Quotidien Europe N° 13199
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ACTION EXTÉRIEURE / Tunisie

L’UE et Tunis s’engagent à renforcer rapidement leur partenariat

L'Union européenne et la Tunisie ont annoncé dans une déclaration commune, dimanche 11 juin, être convenues de travailler ensemble sur un paquet de mesures de partenariat global.

« Dans un contexte international marqué par l'incertitude, il est dans notre intérêt commun de renforcer nos relations et d'investir dans la stabilité et la prospérité », a souligné la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après une rencontre avec le président tunisien, Kaïs Saïed, en compagnie des Premiers ministres italienne et néerlandais, Giorgia Meloni et Mark Rutte.

Le train de mesures repose sur cinq piliers : le développement économique, l'investissement et le commerce, l'énergie, la migration et les contacts interpersonnels.

L’objectif est d’élaborer un Protocole d'accord sur le paquet de mesures du partenariat global, qui devra être approuvé par la Tunisie et l'UE avant la fin du mois de juin.

« Notre coopération économique stimulera la croissance et la prospérité grâce à des liens plus solides en matière de commerce et d'investissement, qui favoriseraient les opportunités pour les entreprises, notamment petites et moyennes », précise la déclaration commune UE/Tunisie.

La Commission européenne envisage une assistance macrofinancière dès que l'accord nécessaire aura été trouvé. « Nous sommes prêts à mobiliser jusqu'à 900 millions d'euros à cette fin. Et, dans l'immédiat, nous pourrions fournir une aide budgétaire supplémentaire de 150 millions d'euros », a précisé Mme von der Leyen. Une aide macrofinancière ne sera possible que lorsqu’un accord aura été conclu entre la Tunisie et le FMI.

De plus, Mme von der Leyen a proposé de moderniser l’accord commercial entre l’UE et la Tunisie, estimant qu’il existait un fort potentiel de création d'emplois et de stimulation de la croissance en Tunisie. « Le secteur numérique constitue une priorité importante pour nos investissements », a-t-elle expliqué, rappelant que le câble sous-marin Medusa reliera d’ici 2025 11 pays du pourtour méditerranéen.

La présidente de la Commission européenne a aussi plaidé pour le développement du partenariat énergétique alors que la Tunisie cherche à exploiter son potentiel en matière d'énergies renouvelables et que l’UE a besoin de fournisseurs fiables d'énergie propre. « À l'automne, nous proposons d'organiser ensemble un forum d'investissement afin de mobiliser davantage d'investissements privés dans le secteur des énergies renouvelables en Tunisie, y compris l'hydrogène », a annoncé Mme von der Leyen, ajoutant que l'UE travaillait à l'élaboration d'un protocole d'accord sur les énergies renouvelables avec la Tunisie.

L'un des autres volets proposés par la Commission concerne la lutte contre l'immigration clandestine, pour laquelle l'UE fournira « cette année à la Tunisie 100 millions d'euros pour le contrôle de ses frontières, la recherche et le sauvetage » de migrants, a indiqué Mme von der Leyen. Ce soutien financier apporté à la Tunisie a été l’une des conditions du feu vert donné le 8 juin au soir à Luxembourg par le gouvernement italien aux mandats relatifs à la gestion de l’asile et de la migration et aux procédures d’asile (EUROPE 13198/8). 

L’accord annoncé dimanche a toutefois suscité de vives critiques au sein de certains groupes du PE, notamment chez les Verts/ALE, la députée néerlandaise Tineke Strik critiquant ainsi un accord qui « embrasse le dictateur Saied comme son partenaire précieux’ et lui donnera 150 millions en échange du retrait des migrants fuyant la violence tunisienne et d'un nombre croissant de Tunisiens persécutés par Saied ». « Pas un seul mot sur les droits de l'homme, l'État de droit et la démocratie », a-t-elle commenté sur Twitter.

La députée néerlandaise de Renew Europe Sophie in ’t Veld, quant à elle, s’est interrogée sur les bases légales de ces annonces faites au nom du programme ‘Team Europe’. « Qui est 'l'Europe' dans ce cas ? ‘Team Europe’ n'est pas une institution et ne dispose d'aucun pouvoir ni d'aucune autorité budgétaire », a-t-elle réagi sur Twitter. Ursula von der Leyen est par ailleurs « responsable devant le PE » et ne « peut pas simplement engager 1 milliard d’euros ».

Enfin, l’UE et la Tunisie veulent développer les contacts interpersonnels. « Nous allons créer, dans le programme Erasmus+, une fenêtre 'Tunisie' dotée d'un budget de 10 millions d'euros pour soutenir les échanges d'étudiants », a expliqué Mme von der Leyen. Des partenariats destinés à attirer les talents vont également être établis afin de donner aux jeunes Tunisiens la possibilité d'étudier, de travailler ou de se former dans l'UE, selon elle.

La présidente de la Commission européenne a en outre annoncé le rétablissement du Conseil d’association UE/Tunisie. « Le renforcement du dialogue politique et stratégique au sein du Conseil d'Association UE/Tunisie avant la fin de l’année offrira une occasion importante de revigorer les liens politiques et institutionnels dans le but de relever ensemble les défis internationaux communs et de préserver un ordre mondial fondé sur les règles », précise la déclaration conjointe. 

Voir la déclaration conjointe : https://aeur.eu/f/7ez  (Camille-Cerise Gessant et Solenn Paulic)

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