login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13196
Sommaire Publication complète Par article 15 / 35
ACTION EXTÉRIEURE / AmÉrique latine

L'UE veut franchir un nouveau palier qualitatif dans ses relations avec la région latino-américaine et caribéenne

Les relations entre l'Union européenne et l'Amérique latine et les Caraïbes doivent franchir un nouveau palier qualitatif, ont estimé la Commission européenne et le Service européen d'action extérieure (SEAE), mercredi 7 juin. Ce partenariat revigoré doit permettre de réaffirmer certaines valeurs universelles et de promouvoir la paix à une époque mouvementée, espèrent-ils, dans une communication conjointe qui ouvre le débat en vue du sommet UE/CELAC des 17 et 18 juillet à Bruxelles.

Faute d'idées novatrices, les Européens suggèrent de formaliser graduellement les relations diplomatiques avec leurs homologues latino-américains et de concrétiser dès que possible des dossiers ouverts parfois depuis 20 ans, comme l'accord commercial avec les pays du Mercosur.

« Les relations entre l'Union européenne et l'Amérique latine et les Caraïbes ont souvent été considérées comme allant de soi ; parfois elles ont été négligées », a noté le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell. Toutefois, depuis le début de la présente législature, « les contacts se sont multipliés », a-t-il estimé, énumérant ses cinq déplacements dans la région depuis 2019, auxquels s'ajoutera celui de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, la semaine prochaine. 

Sur le plan politique, la Commission et le SEAE veulent revenir à la tenue, tous les deux ans, de sommets entre chefs d'État ou de gouvernement. En juin 2015, à Bruxelles, le dernier sommet UE/CELAC avait déjà mis l'accent sur l'importance d'une relation entre égaux pour affronter les défis mondiaux tels que le changement climatique (EUROPE 11333/1).

Cette fois, l'institution et l'organe de l'UE avancent l'idée d'un « mécanisme de coordination permanent » pour assurer un suivi conjoint de la relation bilatérale, organiser des dialogues sectoriels et réagir en cas d'urgence, comme cela aurait pu être le cas au déclenchement de l'agression russe contre l'Ukraine.

Ce mécanisme, qui se réunirait une à deux fois par an, comblerait l'absence de secrétariat au niveau de la CELAC et contribuerait à l'émergence d'une « mémoire institutionnelle », avait estimé mardi un haut fonctionnaire européen.

M. Borrell a énuméré les valeurs et principes - démocratie, ordre international basé sur des règles - que défendent ensemble Européens, Latino-américains et Caribéens. Interrogé sur des positionnements divergents vis-à-vis de la guerre en Ukraine, il n'a pas nié l'existence de désaccords, mais, selon lui, la condamnation de l'agression russe a été « plus forte » en Amérique latine qu'ailleurs dans le monde.

Approfondir les relations commerciales

Le renouveau des relations de l'UE avec l'Amérique latine et les Caraïbes passe inévitablement par le commerce et l'investissement, a insisté le vice-président exécutif chargé du Commerce, Valdis Dombrovskis.

L'UE est le premier investisseur dans la région et les échanges commerciaux bilatéraux ont augmenté de 40% depuis 2018 grâce aux accords de libre-échange en vigueur. Mais il faut aller plus loin, selon M. Dombrovskis.

Josep Borrell partage ce constat. « Des progrès décisifs sur les accords commerciaux en attente doivent être faits », a-t-il insisté.

Dans sa communication, la Commission et le SEAE font le point sur les accords commerciaux existants, en cours de révision ou à finaliser. L'UE espère signer l'accord UE/Chili cette année, une fois que les travaux de traduction et de révision juridique seront terminés (EUROPE 13106/28).

Concernant l'accord avec le Mercosur, « des progrès » sont attendus, mais la perspective de finaliser les négociations d'ici le sommet UE/CELAC semble s'éloigner. « Si tous les éléments sont réunis, c'est possible. Mais, dans tous les cas, nous voyons le sommet UE/CELAC comme une étape importante et une opportunité de mobiliser le soutien politique autour de l'accord », a précisé M. Dombrovskis.

L'UE attend actuellement la réponse du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) à sa proposition d'instrument additionnel sur l'environnement destiné à convaincre les pays de l'UE récalcitrants, comme l'Autriche et la France, sans rouvrir le texte agréé en juin 2019 (EUROPE 12286/3). La Commission espère avoir des nouvelles dans la seconde moitié du mois de juin.

La signature et la ratification de la modernisation de l'accord UE/Mexique devraient également arriver au plus vite, selon la Commission.

Le nouvel agenda européen identifie enfin comme action prioritaire la ratification des accords avec la Communauté andine (Colombie, Équateur et Pérou) et l'Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, et Panama).

À travers ces partenariats, l'UE souhaite avoir accès à davantage d'approvisionnement en matières premières critiques, cruciales pour réussir la transition climatique. L'UE devrait prochainement signer deux partenariats sur les matières premières avec le Chili et l'Argentine (EUROPE 13177/15).

Selon une deuxième source, le partenariat avec le Chili sera bénéfique pour les deux parties en permettant au Chili de faire évoluer un modèle traditionnel de simple pays extracteur et aux Européens d'inclure des clauses de durabilité et de non-discrimination dans l'accès aux ressources. 

Les pays d'Amérique latine et des Caraïbes qui le souhaitent pourront aussi rejoindre le futur 'Club pour les matières premières', qui, en rassemblant des pays riches en ressources ou consommateurs, permettra de développer des chaînes de valeurs au plus près des pays extracteurs. 

À cet agenda commercial s'ajoute un nouveau programme d'investissements directs à travers la stratégie Global Gateway, qui, cette année, fera la part belle à l'Amérique latine et aux Caraïbes (EUROPE 13132/21). Sont prévues l'extension du câble sous-marin de fibre optique Bella afin de relier l'Amérique centrale et les Caraïbes ainsi que la création de deux centres régionaux Copernicus au Panama et au Chili.

Nous mobiliserons la puissance publique pour « créer un effet de levier et attirer des investissements privés », a indiqué la commissaire européenne aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen.

Sont également soulignées l'importance de créer de nouvelles opportunités pour resserrer les liens au sein de la population de part et d'autre de l'Atlantique, surtout les jeunes, de lutter contre les inégalités sociales et de favoriser l'insertion des femmes, des populations autochtones et des personnes LGBTIQ+. Le lancement d'un nouveau programme EUROsociAL et une participation accrue des pays latino-américains et caribéens au programme Horizon Europe devraient y contribuer.

Voir la communication de la Commission et du SEAE : https://aeur.eu/f/7ay (Mathieu Bion et Léa Marchal)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
SOCIAL
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
Invasion Russe de l'Ukraine
CONSEIL DE L'EUROPE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES