Représentants des professionnels des transports et eurodéputés ont échangé à propos du paquet 'sécurité routière', lors d’un échange de vues organisé par le PPE mercredi 7 juin. La proposition de la Commission européenne a été saluée, mais quelques points de désaccord ont tout de même été relevés.
Présentée en mars (EUROPE 13132/1), cette initiative se divise en trois volets : - révision de la législation du permis de conduire ; - échange transfrontalier d'informations sur les infractions routières ; - déchéance de permis de conduire à l’échelle de l’UE en cas d’accident ou d'infraction graves.
Michael Nissen, de l’association allemande de l’automobile, Allgemeiner Deutscher Automobil-Club (ADAC), a estimé que « la proposition va dans le bon sens ». Il s’est réjoui notamment des dispositions prévues pour le permis de conduire, qui « amélioreront la libre circulation et la sécurité routière ». Il a cependant estimé que certaines limitations étaient inutiles, comme l’interdiction de tracter une caravane avant deux ans de permis. Il a aussi jugé trop longue la période probatoire d'au moins deux ans pour les conducteurs novices après avoir passé l'examen.
Il s’est aussi opposé au fait de limiter ou de réduire à cinq ans ou moins la validité administrative des permis de conduire des titulaires de 70 ans ou plus. « L’accidentologie des personnes âgées n’est pas prouvée », a-t-il avancé, citant une étude faite en Suisse.
Les eurodéputés du PPE présents, Elżbieta Łukacijewska (polonaise), Markus Ferber (allemand), Benoît Lutgen (belge) et Marian-Jean Marinescu (roumain) ont partagé ces doutes. Les représentants de la Commission ont répondu que ce seuil de 70 ans s’expliquait aussi par le risque que les seniors représentent pour eux-mêmes.
Mitra Qurban, de l’entreprise allemande Deutsche Post DHL, et Raluca Marian, de l’Union internationale des transports routiers (IRU), ont salué les mesures visant à donner aux jeunes conducteurs la possibilité de passer un permis 'poids lourds'.
« C’est une opportunité importante de s'attaquer au problème chronique et croissant de la pénurie de conducteurs, dont les causes sont multiples », a estimé Mme Marian. Selon elle, la possibilité n’est pas donnée aux jeunes assez tôt de devenir conducteur ; à 21 ou 24 ans - âge minimum actuel pour les permis C et D -, ils choisiront une autre carrière.
Antonino Avenso, directeur du Conseil européen de la sécurité des transports, quant à lui, s’est opposé à l'abaissement de l'âge. « Permettre aux jeunes de conduire des véhicules qui roulent à plus de 45 km/h n'est pas une bonne chose », a-t-il considéré.
Mme Marian a également évoqué les conducteurs issus de pays tiers et a réclamé une harmonisation entre le droit européen et celui des pays de ces conducteurs.
Sur le plan institutionnel, le Parlement européen devrait bientôt publier les rapports relatifs aux propositions de la Commission. Le Conseil de l'UE en est aussi à une phase de travail technique (EUROPE 13132/1, 13193/4). (Anne Damiani)