À l’heure où les groupes politiques S&D, Renew Europe, Verts/ALE et La Gauche au Parlement européen avaient confirmé, mercredi 7 juin, leur soutien aux amendements de compromis sur la proposition de règlement relatif à la restauration de la nature, qui sera voté le 15 juin en commission parlementaire de l’environnement (ENVI), le groupe PPE au Parlement organisait une conférence de presse pour réaffirmer son rejet en bloc du texte (EUROPE 13192/22).
Aucun texte de compromis alternatif n’a été présenté par le PPE, qui attend de la Commission européenne une étude d’impact et qu’elle présente une nouvelle proposition tournée vers l’avenir, le 5 juillet, en même temps que sa proposition sur les nouvelles techniques génomiques.
À cette occasion, Christine Schneider (allemande), négociatrice sur cette législation pour le groupe PPE, a accusé le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, d’avoir fait pression sur des députés « dans son bureau » pour tenter d’obtenir une majorité lors du vote. Elle l’a également accusé d’avoir, la veille, utilisé la plateforme 'Entreprises et biodiversité' (Business and Biodiversity, B&B), organisée par la DG Environnement, « pour fournir une feuille de route pour lancer une campagne avec une liste d’eurodéputés, leur adresse e-mail et leur compte sur les réseaux sociaux ».
Esther de Lange (néerlandaise), vice-présidente du même groupe, s’est dite très surprise par l’attitude de la Commission dans « un lobbying coordonné par la DG Environnement. Une liste d’eurodéputés à contacter pour organiser une campagne sur Twitter, ce n’est pas le rôle de la Commission ». Et d'ajouter : « La Commission fait sont propre lobbying. Elle sort de son rôle. C’est très grave. Elle finance les ‘speaking points' à distribuer. Nous prenons ça très au sérieux ».
Invitée à réagir, la Commission européenne n’a pas souhaité répondre sur l’attitude présumée de Frans Timmermans, mais a souligné, dans un communiqué, que la plateforme 'Entreprises et biodiversité' « est l'un des nombreux forums soutenus par la Commission, qui rassemble les parties prenantes autour d'un thème spécifique et qui bénéficie, comme les autres, d'un soutien administratif et financier de la Commission, notamment pour l'hébergement de son site web ».
« Les membres peuvent utiliser le logo pour montrer qu'ils s'engagent à prendre des mesures en faveur d'un monde respectueux de la nature », précise la Commission.
Selon l'institution, « ni la plateforme européenne des entreprises et de la biodiversité ni la Commission européenne ne sont responsables des actions et/ou des messages de ses membres. L'utilisation du logo n'implique pas une recommandation ou une approbation de la part de la Commission européenne ».
Les 30 compromis soutenus par les partis à la gauche de l’hémicycle et les libéraux reprennent à leur compte l’ambition du rapport de César Luena (S&D espagnol) (EUROPE 13098/3) – la restauration de 30% des terres et des mers à l’horizon 2030 comme objectif collectif général de l’UE -, mais abaissent le niveau des cibles par type d’habitat.
Lien vers les amendements de compromis : https://aeur.eu/f/7BT (Aminata Niang)