La Commission européenne a adopté, mercredi 7 juin, une communication sur une « approche globale en matière de santé mentale » contenant différentes initiatives et actions concrètes pour remédier aux problèmes liés à la santé mentale.
Avant la pandémie de Covid-19, les problèmes de santé mentale touchaient environ 84 millions de personnes dans l’UE, pour un coût de 600 milliards d'euros par an, soit plus de 4% du produit intérieur brut (PIB) de l'UE, selon cette communication.
Le vice-président de la Commission européenne responsable de la promotion du mode de vie européen, Margarítis Schinás, a parlé devant la presse, mercredi, d'une approche « globale et anthropocentrique » de la santé mentale au niveau de l'UE.
Selon le vice-président, les chiffres parlent d'eux-mêmes : - les problèmes de santé mentale touchent une personne sur six dans l'UE ; - la solitude touche environ un quart de la population (22 à 26%) dans l'UE ; - le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes (après les accidents de la route).
« S'attaquer à la santé mentale est donc un impératif à la fois social et économique. Pour toutes ces raisons, l'inaction n'est tout simplement pas envisageable », a martelé M. Schinás.
Cette communication, qui comporte des actions concrètes, représente la dernière pièce maîtresse de l'architecture de l'Union européenne de la santé.
« Aujourd'hui, nous soulignons l'importance de la santé mentale et nous demandons aux gens de chercher de l'aide. Aujourd'hui, nous présentons une nouvelle pierre à l'édifice d'une Union européenne de la santé forte, qui fait de la santé une priorité pour tous ses citoyens. Et il n'y a pas de santé sans santé mentale », a déclaré, de son côté, la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides.
Elle a précisé que la Commission avait débloqué plus de 1,2 milliard d'euros de fonds européens pour des activités de promotion de la santé mentale.
L’approche suivie « commence par la prévention et l'intervention précoce », a ajouté Mme Kyriakides.
Parmi les initiatives importantes dans ce domaine, la commissaire a cité une 'initiative européenne de prévention de la dépression et du suicide', qui apportera « un soutien ciblé aux personnes qui en ont besoin ». Avec le soutien des parties prenantes, « nous allons également créer un code européen de la santé mentale afin de permettre aux citoyens de mieux prendre soin d'eux-mêmes et de leurs proches ».
Elle a rappelé que ce sont les groupes vulnérables, tels que les enfants, les adolescents, les jeunes, les personnes âgées, les réfugiés, les personnes déplacées et les migrants, qui souffrent le plus des problèmes de santé mentale.
La dépression chez les jeunes a d'ailleurs plus que doublé au cours des dernières années.
En 2024, la Commission contribuera à la mise en place d'un 'réseau de santé mentale pour les enfants et les adolescents' et à l'élaboration d'une boîte à outils de prévention, « montrant à quel point il est important que la santé mentale et la santé physique aillent de pair ».
La commissaire a également plaidé pour un espace numérique plus sûr et plus sain pour les enfants, car la cyberintimidation est trop fréquente.
Dans le cadre de l'initiative ‘écrans sains, jeunes en bonne santé’, la Commission fournira des orientations plus strictes sur la protection des mineurs dans le monde numérique et, par l'intermédiaire de la mission Horizon Europe sur le cancer, elle créera pour les jeunes survivants du cancer une plateforme pour les aider à renforcer leur santé mentale.
Un soutien en matière de santé mentale sera apporté également aux personnes touchées par les conflits, telles que les personnes déplacées en Ukraine, en particulier les enfants, qui ont vu leur vie déchirée par les horreurs de la guerre.
Santé mentale au travail. La communication contient un volet important sur la santé mentale au travail. Le stress et l'épuisement professionnels sont à l'origine d'environ la moitié des journées de travail perdues, a indiqué Stella Kyriakides. « Cette situation est inacceptable. Se rendre au travail ne devrait pas vous rendre malade ».
C'est pourquoi la Commission présentera une initiative européenne sur les risques psychosociaux, après avoir procédé à un examen par les pairs et consulté les partenaires sociaux.
La Commission soutiendra aussi les campagnes de sensibilisation menées à l'échelle européenne par l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), notamment sur le thème 'un travail sûr et sain à l'ère numérique' et sur les risques psychosociaux et la santé mentale au travail, en mettant l'accent sur les professions nouvelles et négligées. « Nous continuerons également à soutenir les partenaires sociaux dans leurs efforts pour négocier un nouvel accord sur le télétravail et le droit à la déconnexion », a promis la commissaire.
L’eurodéputée Maria Walsh (PPE, irlandaise) a déclaré à EUROPE, mercredi, que cette communication constituait « un pas important vers une action plus poussée en faveur de l'amélioration de la santé mentale dans l'UE ». L'approche horizontale et holistique proposée par la Commission constitue « un excellent point de départ ».
Mme Walsh a salué les actions ciblant les groupes vulnérables et les jeunes et la santé mentale sur le lieu de travail. « À l'avenir, j'aimerais voir une campagne à l'échelle de l'UE pour lutter contre la stigmatisation qui entoure la santé mentale, et pas seulement des mesures nationales sur le sujet. La Commission devrait donner un aperçu des capacités des systèmes de santé des États membres à traiter les questions de santé mentale », a estimé l’eurodéputée.
Lien vers la communication : https://aeur.eu/f/7av (Lionel Changeur)