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Bulletin Quotidien Europe N° 11333
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) amÉrique latine

Agir ensemble afin d'affronter les défis globaux

Bruxelles, 11/06/2015 (Agence Europe) - Prônant une relation entre égaux, l'Union européenne et les pays d'Amérique latine et caribéens souhaitent agir de concert au niveau international afin d'affronter les défis globaux, comme les changements climatiques, quitte à mettre en sourdine certains sujets régionaux, tels que la situation politique au Venezuela, afin d'éviter de froisser les sensibilités.

« Nous ne pouvons être d'accord sur tout. C'est naturel. Mais parfois ce qui est plus important est d'améliorer la compréhension mutuelle », a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk, jeudi 11 juin à Bruxelles, à l'issue du sommet bi-régional UE/CELAC (EUROPE 11132 et11329).

Les leaders européens et latino-américains s'engagent donc à agir de concert pour faire des prochaines grandes échéances internationales une réussite, à savoir les conférences sur le financement de la politique de développement, la révision des objectifs mondiaux de lutte contre la pauvreté, la lutte contre les changements climatiques (conférence COP21 à Paris en décembre).

« Le changement climatique concerne nos deux régions: les pays d'Amérique latine et caribéens sont très vulnérables à cette menace. C'est une raison pour laquelle la conférence de Paris doit réussir et l'UE continuera de soutenir la région à travers le programme EUROCLIMA », a indiqué M. Tusk. Pour le président équatorien, Rafael Correa, il faut « parvenir à un accord qui soit contraignant et qui inclue des contributions de tous les pays pour sauvegarder l'unique planète dont nous disposons ».

Pour une suppression de l'embargo américain frappant Cuba. Européens et Latino-américains accueillent favorablement la normalisation en cours des relations entre Cuba et Bruxelles. « Dans ce contexte, nous nous attendons à ce que toutes les étapes nécessaires soient franchies en vue d'une suppression rapide de l'embargo », déclarent les participants. Même s'ils ont retiré Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme, les États-Unis maintiennent depuis 1962 un embargo vis-à-vis de l'île caribéenne. M. Correa a également réclamé la fermeture du camp de Guantánamo.

Malgré les récentes tensions observées en Colombie, des progrès ont été réalisés dans les négociations entre le gouvernement colombien et les FARC censées mener à une paix durable dans le pays. À ce titre, l'UE a annoncé, jeudi, la création d'un fonds spécifique ('trust fund') destiné à accompagner la phase post-conflit, une fois qu'un accord définitif commencera à être appliqué. Dans l'immédiat, la Commission européenne a annoncé l'octroi de 5 millions d'euros pour soutenir le déminage et la mise sur pied d'un programme de 21 millions d'euros destiné à stimuler les économies de zones affectées par le conflit.

Les deux régions soulignent l'importance d'insuffler davantage de valeur à leurs relations bilatérales. Cela passera à travers le développement de projets concrets de coopération dans des secteurs à forte valeur ajoutée, tels que la recherche et l'innovation. Le sommet a été l'occasion d'étoffer le plan d'action commun en ajoutant aux huit volets de coopération actuels deux nouveaux volets relatifs à la coopération universitaire et à la sécurité des citoyens. M. Tusk a évoqué le déploiement souhaité d'un câble de fibre optique reliant directement le Portugal au Brésil. Pour M. Correa, l'heure est aux investissements dans « le talent humain » en vue de construire les bases d'un développement qui profite surtout aux populations.

À noter que des pays latino-américains ont manifesté leur intérêt de coopérer avec l'UE dans des opérations de gestion de crise, à l'instar des accords que la Colombie et le Chili ont déjà conclus.

En marge du sommet UE/CELAC, l'UE aura donc annoncé la mobilisation d'une enveloppe totale de près de 700 millions d'euros, dont 230 millions mercredi, afin de soutenir des projets d'intérêt commun.

Prudence sur la situation au Venezuela. Dans leur déclaration conjointe dite 'de Bruxelles', Européens et Latino-américains se bornent à réitérer « leur rejet de toute mesure à caractère unilatéral ayant des effets extraterritoriaux et contraires au droit international » et plaident « pour un règlement pacifique des conflits ». Une manière indirecte de critiquer les sanctions américaines prises à l'encontre de responsables vénézuéliens qui auraient joué un rôle dans la répression de manifestations ayant eu lieu en 2014.

« Nous rejetons l'argument absurde selon lequel le Venezuela constituerait une menace imminente pour les États-Unis », a déclaré M. Correa, condamnant l'immixtion américaine « dans les affaires intérieures d'un pays souverain ».

La déclaration conjointe ne fait pas mention de la crise politique et économique au Venezuela, alors que l'ancien Premier ministre espagnol Felipe Gonzales est actuellement en mission dans le pays afin d'apporter son soutien à des figures de l'opposition actuellement en prison, telles que le maire de Caracas, Antonio Ledezma, et Leopoldo Lopez, qui a entamé une grève de la faim (EUROPE 11274 et 11261).

La semaine dernière, l'assemblée parlementaire euro-latino américaine n'avait pas été en mesure d'adopter un texte conjoint en raison des divergences entre Européens et Latino-américains sur la question vénézuélienne. (Mathieu Bion)

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