Strasbourg, 11/06/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen a souligné, jeudi 11 juin, que la région de la mer Noire devrait être véritablement prioritaire pour l'Union européenne, alors qu'il s'inquiète de l'annexion illégale de la Crimée par la Russie qui « a précipité de profonds changements dans la situation stratégique du bassin de la mer Noire et de la région adjacente ».
Via le rapport de Ioan Mircea Pascu (S&D, roumain) sur la situation militaro-stratégique dans le bassin de la mer Noire à la suite de l'annexion illégale de la Crimée par la Russie qu'ils ont adopté (356 pour, 183 contre et 96 abstentions), les députés demandent à la Commission et au SEAE d'élaborer dès que possible une stratégie globale de l'UE à l'égard de la région de la mer Noire. « La nouvelle donne géostratégique, l'évolution de la situation militaire dans le bassin de la mer Noire et l'annexion musclée de la Crimée par la Russie montrent que l'architecture de la sécurité européenne (…) est confrontée à des enjeux systémiques et plus vastes », estiment les députés. Ainsi, pour eux, l'UE et ses États membres doivent y faire face par des mesures de sécurité et reconsidérer leur politique étrangère et de sécurité à la lumière de ces enjeux.
Les députés soulignent aussi « l'importance primordiale que revêt la coordination avec l'OTAN, en particulier les États riverains de la mer Noire qui en sont membres, et avec les États-Unis », considérant que « le bassin de la mer Noire est un élément essentiel de la sécurité euro-atlantique ». Ils se félicitent de l'engagement pris par l'OTAN d'appuyer les mesures que les États riverains de la mer Noire ont adoptées en vue de garantir la sécurité et la stabilité.
Pour le Parlement, l'UE doit également faire preuve de « fermeté par rapport à la Russie » et ne reprendre le dialogue avec elle que sous conditions. Si la Russie continue sa politique envers l'Ukraine et poursuit l'annexion illégale de la Crimée, le régime de sanctions devrait être « maintenu et renforcé », selon les députés. Ils demandent aussi aux membres de l'UE de rester fermes et unis dans l'application des sanctions contre la Russie, « notamment en gelant toute coopération militaire et de défense et en annulant des contrats, comme la livraison des (…) Mistral ». (Camille-Cerise Gessant)