Strasbourg, 11/06/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen a estimé, jeudi 11 juin, que « l'interdiction générale de l'avortement thérapeutique et de l'interruption de grossesse à la suite d'un viol ou d'un inceste ainsi que le refus de fournir une couverture de santé gratuite en cas de viol, équivalait à de la torture ».
Dans la résolution commune proposée par le S&D, l'ADLE, les Verts, la GUE et l'EFDD sur « les aspects juridiques des grossesses précoces » au Paraguay que le Parlement a adoptée, les députés invitent ainsi le pays « à s'assurer que les femmes et les filles aient accès à un avortement légal et sûr, au moins lorsque leur santé ou leur vie est en danger, en cas de grave malformation foetale ou si la grossesse est le résultat d'un viol ou d'un inceste ».
Cette résolution fait suite à l'interdiction d'avorter pour une petite fille de 10 ans, enceinte de 5 mois après avoir été violée par son beau père. Dans leur résolution, les députés pressent les autorités paraguayennes de mener une enquête indépendante et impartiale sur ce viol et de traduire son auteur en justice. Le Parlement souligne aussi sa profonde inquiétude quant au nombre élevé de grossesses chez des fillettes au Paraguay.
Les députés profitent également de la tenue, en parallèle du vote de cette résolution, du sommet UE-CELAC (Communauté des États latino-américains et des Caraïbes) pour demander aux chefs d'État et de gouvernement d'alimenter le chapitre relatif à la violence fondée sur le genre du plan d'action UE-CELAC 2013-2015 afin de fixer des échéances pour la mise en oeuvre de mesures concrètes. (Camille-Cerise Gessant)