À l’issue d’un débat d’urgence qui s’est tenu jeudi 22 juin, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté une Résolution où elle se dit « frappée par le fait que les dirigeants de l’Azerbaïdjan ne reconnaissent pas les très graves conséquences humanitaires et en matière de droits de l’homme » découlant « de l’interdiction de passage dans le corridor de Latchine et de la coupure délibérée de l’approvisionnement en électricité et en gaz dans la région ».
Bloquée depuis décembre 2022, cette route est la seule à relier à l’Arménie le Haut-Karabakh, peuplé en majorité d’Arméniens, mais enclavé en Azerbaïdjan.
En février 2023, la Cour internationale de justice a ordonné à l’Azerbaïdjan de « prendre d’urgence toutes les mesures à sa disposition pour assurer la libre circulation des personnes, des véhicules et des marchandises », rappelle l’Assemblée, qui demande à Bakou de se conformer à cet ordre de toute urgence.
Basée sur le rapport préparé par l’Irlandais Paul Gavan (Gauche unitaire européenne), la Résolution dénonce la « rhétorique hostile et menaçante » utilisée contre les Arméniens par les dirigeants azerbaïdjanais et relève également des « discours de haine » tenus contre les Azerbaïdjanais par des « individus » en Arménie.
Elle appelle les autorités des deux pays à condamner et sanctionner ces propos.
Appel est aussi fait à l’Azerbaïdjan pour qu’il invite une délégation du Conseil de l’Europe à se rendre dans le corridor de Latchine et le Haut-Karabakh pour une mission d’information destinée à évaluer la situation sur le terrain.
Un accès à la zone qui a été refusé par l’Azerbaïdjan au rapporteur.
Plus globalement, l’Assemblée reconnaît que la question du corridor de Latchine « fait partie d’un problème beaucoup plus large » et appelle à « une solution politique », car « une réponse humanitaire seule ne suffit pas ».
Lien vers la Résolution : https://aeur.eu/f/7o6 (Véronique Leblanc)