Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borell, a annoncé lundi 26 juin, à la suite d’un Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE, que des mesures « politiques et financières » pourraient être prises à l’égard de Belgrade et Pristina dans l’éventualité où les deux parties ne parvenaient pas à mettre fin aux tensions et violences dans le nord du Kosovo.
« Les deux parties doivent se montrer prêtes à répondre aux obligations de dialogue, sans quoi les États membres pourraient prendre des mesures complémentaires, si aucune avancée n’est engrangée », a prévenu M. Borrell.
Le Haut Représentant de l’UE a rappelé que la priorité pour parvenir à une désescalade était l’organisation de nouvelles élections dans les quatre communes à majorité serbe où des maires albanais ont été élus le 23 avril dernier (EUROPE 13168/7). Des violences ont cours dans la région depuis la prise de fonction des élus, le 26 mai (EUROPE 13190/20).
« Il faut faire en sorte que les élections soient organisées rapidement. Nous ne pouvons pas avoir des maires qui travaillent sous protection policière après avoir été élus avec 2 ou 3% des voix », a ajouté M. Borrell.
Le Haut Représentant a indiqué que le Comité politique et de sécurité commencerait à travailler dès demain sur les mesures qui pourraient être prises, si de nouvelles élections ne sont pas convoquées.
« Les États membres sont les seuls à pouvoir décider de telles mesures. J’ai insisté sur le fait que tout doit être proportionné et réversible », a-t-il complété, sans donner plus de détails sur le calendrier et la teneur des potentielles mesures.
Outre la tenue d’élections, un certain nombre d’autres conditions avaient été adressées par l’UE pour revenir sur la voie du dialogue et de la normalisation des rapports entre la Serbie et le Kosovo. Toutefois, des rencontres séparées entre, d’une part, Josep Borrell et, d’autre part, le Président serbe, Aleksandar Vučić, et le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, avaient surtout montré que les positions des deux pays restaient éloignées (EUROPE 13208/4).
Par ailleurs, M. Borrell - ainsi qu’un certain nombre de personnalités politiques - s'est félicité, à l’issue du Conseil des ministres des Affaires étrangères, de la libération des policiers kosovars détenus en Serbie depuis le 14 juin. Belgrade avait affirmé que les trois hommes se trouvaient sur son territoire tandis que Pristina avait démenti cette information, estimant qu’il s’agissait d'un « geste de vengeance ».
« Je me félicite que les autorités serbes aient libéré les trois policiers kosovars précédemment arrêtés. La désescalade doit se poursuivre, de nouvelles élections municipales doivent être organisées sans délai et le dialogue doit être mis en œuvre, y compris sur la création d'une Association des municipalités à majorité serbe », a commenté le commissaire européen à l'Élargissement et à la Politique européenne de voisinage, Olivér Várhelyi. (Thomas Mangin)