La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a adressé, lundi 26 juin, une lettre aux dirigeants européens qui débattront de la migration lors du Sommet européen des 29 et 30 juin dans laquelle elle juge « indispensable » de nouer de nouveaux partenariats avec les pays tiers, tout en continuant à travailler à mettre en œuvre le ‘Pacte Asile et migration’.
« Le naufrage de la semaine dernière est un nouvel appel à l’action », souligne la présidente de la Commission, en référence au naufrage au large de la Grèce ayant fait plus de 78 morts, et met encore davantage en lumière « l’urgence de travailler avec des pays partenaires » pour combattre les passeurs, prévenir les départs dans des bateaux surchargés et créer des voies légales alternatives.
Estimant que les accords trouvés le 8 juin à Luxembourg par les ministres de l’Intérieur de l’UE sur les règlements relatifs à la gestion de l’asile et de la migration et aux procédures d’asile (EUROPE 13198/8) représentent une « solution réalisable et équitable », qui préserve les droits des demandeurs d’asile, la présidente veut engager, sur la dimension extérieure, de nouveaux partenariats « financièrement mutuellement bénéfiques ». « Notre objectif devrait être de transformer notre initiative actuelle avec la Tunisie en un modèle pour des partenariats futurs similaires » (EUROPE 13199/15).
Par ailleurs, elle fait le point dans cette missive sur les plans d’action adoptés pour les différentes routes migratoires, le dernier en date ayant couvert la route de la Méditerranée occidentale.
La présidente y note, par exemple, l’effet positif sur les arrivées du plan d’action pour la route des Balkans occidentaux. Revenant également sur les mesures de l’UE en faveur de l’alignement de la politique des visas des pays tiers sur celle de l’UE, Mme von der Leyen note l’effet positif du dialogue ‘visas’ sur les efforts de réadmission entrepris par certains pays tiers.
Elle indique ainsi que l’Irak, après ce dialogue sur les visas reprenant des éléments de conditionnalité (article 25 a du Code sur les visas), a entrepris des démarches positives auprès de 15 États membres pour réadmettre ses ressortissants.
Selon le dernier projet de conclusions, daté du 25 juin, les dirigeants européens devraient simplement exprimer leur « profonde tristesse face aux terribles pertes de vies humaines à la suite de la récente tragédie en Méditerranée. L'Union européenne reste déterminée à briser le modèle commercial des trafiquants et des réseaux de passeurs et à s'attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière afin de mieux faire face aux flux migratoires ».
La migration est « un défi européen qui exige une réponse européenne », devrait ajouter le Conseil européen dans un second paragraphe, assurant qu'il suivra « de près » les initiatives entreprises pour les différentes routes migratoires.
Aucune mention du 'Pacte asile et migration' et des réformes en cours ne figure à ce stade dans le projet de conclusions.
Lien vers la lettre et le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/7qq ; https://aeur.eu/f/7q0 (Solenn Paulic)