La commission de l’égalité de genre (FEMM) du Parlement européen a échangé avec la commissaire à l’Égalité, Helena Dalli, sur les écarts de salaire et de pension entre hommes et femmes, mardi 24 octobre. L’entretien a été l'occasion de faire le point sur la mise en œuvre de la directive sur la ‘transparence salariale’ (EUROPE 13153/13).
Écart salarial
Interrogée sur les avancées sur cette directive par Kira Marie Peter-Hansen (Verts/ALE, danoise), Mme Dalli a rappelé que le délai de mise en œuvre étant fixé à juin 2026, il était trop tôt pour évaluer la situation. Elle a toutefois précisé que la Commission européenne organisera trois réunions dédiées à la mise en œuvre avec les États membres, dont la première au printemps 2024.
Evelyn Regner (S&D, autrichienne) a aussi appelé la Commission à se rapprocher des entreprises, réticentes à l’idée d’avoir une charge administrative supplémentaire, soulignant que des méthodes aussi simples qu’une « feuille Excel » peuvent contribuer à traquer les inégalités salariales.
La Commission, a répondu Mme Dalli, prévoit de soutenir le développement de méthodologies et d’outils destinés aux employeurs pour identifier les postes comparables et corriger les écarts de rémunération injustifiés. « Nous consacrerons 4 millions d'euros du CERV pour soutenir des subventions dans les États membres afin de développer de telles méthodologies », avec un premier appel en novembre, a-t-elle annoncé.
Des eurodéputés ont également soulevé que l’index 2023 de l’égalité de genre fait état d’une « ségrégation persistante » sur le marché du travail (EUROPE 13278/20). Au-delà des législations, Mme Dalli a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux stéréotypes sexistes (EUROPE 13137/25).
Inégalités des pensions
En ce qui concerne l'écart des pensions (30% en 2019), la Commission a « investi dans une évaluation approfondie de l'égalité de genre dans les systèmes de retraite de l’UE », a expliqué la commissaire. En parallèle, elle a « lancé une étude spécifique pour explorer l'octroi de crédits de pension pour les interruptions de carrière liées aux soins ».
Annika Bruna (ID, française) a demandé d’encourager les pays de l’UE à compenser les retraites des « carrières coupées et faibles des femmes ayant fait le choix d’élever leurs enfants ». Mme Dalli a alors plutôt insisté sur l’importance du retour à l’emploi des « 8 millions de femmes dans l’UE qualifiées et souhaitant participer au marché du travail, mais qui ne le peuvent pas en raison de leurs responsabilités familiales » au travers d’aménagements d’horaires ou de généralisation de services d’aides à la personne gratuits.
Le débat s’est tenu dans le cadre de la Semaine de l’égalité du PE, et à quelques semaines du Jour européen de l’égalité salariale. Fixé au 15 novembre pour 2023, il représente le jour de l’année où les femmes cessent symboliquement d’être payées par rapport aux hommes. S’il a été repoussé au fil des ans, « cela n'est guère suffisant, car le salaire horaire brut moyen des femmes reste inférieur de 12,7% à celui des hommes », a martelé Mme Dalli. (Hélène Seynaeve)